Origine et histoire de la Statue équestre d'Henri IV
La statue équestre d'Henri IV, située place du Pont-Neuf à Paris, est une œuvre en bronze réalisée par François-Frédéric Lemot et inaugurée en 1818. Elle représente Henri IV en armure, couronné de laurier et tenant un sceptre, sur un cheval dont la posture diffère de celle du roi. Ce monument remplace une première statue de 1614, commandée par Marie de Médicis et détruite en 1792 pendant la Révolution, ainsi qu’une seconde statue provisoire érigée en 1814.
Le piédestal de la statue actuelle porte des bas-reliefs et deux inscriptions en latin. La première, à l’avant, commémore la restauration de la statue après la chute de Napoléon, grâce à une souscription publique sous Louis XVIII. Elle fut inaugurée le 25 août 1818, jour de la Saint-Louis. La seconde inscription, à l’arrière, rappelle l’initiative originelle de Louis XIII et de Richelieu pour honorer Henri IV en 1635, après la mort du roi.
La statue de 1614, œuvre de Jean Bologne et Pietro Tacca, fut inaugurée en grande pompe le 23 août de cette année. Son piédestal, achevé en 1635, comportait des statues d’esclaves aux angles et cinq bas-reliefs évoquant les victoires d’Henri IV. Abattue en 1792, ses vestiges (patte du cheval, main, botte et bras du roi) furent retrouvés dans la Seine et sont aujourd’hui conservés au musée Carnavalet. Une tête, peut-être originale, se trouverait dans une collection privée.
En 1814, une statue provisoire fut érigée à partir d’un moulage en plâtre d’un cheval du Quadrige de Brandebourg, sur un socle portant l’inscription « Le retour de Louis fait revivre Henri ». La statue actuelle, commandée par des cercles légitimistes, fut conçue par Lemot, qui s’inspira des fragments retrouvés et, selon des témoignages, du comte de Vaublanc comme modèle. Lors de son inauguration, des objets commémoratifs (parchemins, médailles, livres) furent placés dans le ventre du cheval, aujourd’hui conservés aux Archives nationales.
Classée monument historique en 1992, la statue domine le square du Vert-Galant, à la pointe de l’île de la Cité. Elle est entourée d’une grille et placée sur une esplanade au centre du pont Neuf. Une anecdote rapporte qu’une des premières photographies d’êtres humains (un daguerréotype de 1837) aurait été prise à ses pieds, montrant deux ouvriers lors de son entretien.
Les statues des captifs de 1614, interprétées comme symbolisant les quatre parties du monde ou les âges de la vie, sont aujourd’hui exposées au musée du Louvre. Les bas-reliefs de 1628, représentant des batailles et entrées triomphales d’Henri IV, disparurent avec la destruction révolutionnaire. Le piédestal actuel reprend partiellement les inscriptions de 1635, glorifiant Louis XIII et Richelieu plutôt que Marie de Médicis, initiatrice du projet original.