Origine et histoire de la Statue Notre-Dame de France
La statue Notre-Dame de France est une œuvre colossale en fonte, conçue par Jean-Marie Bonnassieux entre 1856 et 1860. Elle fut réalisée à partir de 150 tonnes de métal provenant des canons russes capturés lors du siège de Sébastopol (1855), offerts par Napoléon III. La Vierge à l’Enfant, haute de 16 mètres, surplombe la ville du Puy-en-Velay depuis le rocher Corneille, un neck basaltique culminant à 757 m d’altitude. Son piédestal en arkose, ajouré d’un escalier de 33 marches, abrite un intérieur creux accessible par 58 marches en colimaçon, menant jusqu’à la couronne de la Vierge.
L’idée du monument naît en 1850 sous l’impulsion du jésuite Xavier de Ravignan et de l’abbé Théodore Combalot, relayée par l’évêque Auguste de Morlhon. Un concours européen est lancé en 1853, attirant 53 maquettes dont celle de Bonnassieux, retenue à l’unanimité. La souscription publique et le don impérial permirent de financer l’œuvre, bénie solennellement le 12 septembre 1860 devant 120 000 fidèles. La statue, classée en 1997, fut restaurée en 2012 et reste le site le plus visité de Haute-Loire.
Symbole de piété et de victoire militaire, la statue incarne aussi une prouesse technique : sa structure autoporteuse, composée de 100 pièces boulonnées, pèse 835 tonnes. Les détails anatomiques sont impressionnants (pieds de 1,92 m, main de l’Enfant-Jésus de 1,56 m). Une légende tenace, démentie, prétend que Bonnassieux se suicida après une erreur de positionnement de l’Enfant. En réalité, il mourut à Paris en 1892, à 81 ans.
Le rocher Corneille, site géologique remarquable, fut choisi pour son altitude et sa visibilité. Le piédestal, en pierre de Blavozy, supporte une plateforme offrant un panorama sur la ville et les montagnes environnantes. L’accès à la couronne, longtemps interdit, fut rouvert en 2013 après la pose d’un dôme translucide. Chaque niveau propose des ouvertures sur les paysages, renforçant le lien entre le monument et son territoire.
La statue s’inscrit dans un contexte de renouveau marial au XIXe siècle, marqué par des réalisations colossales comme celle de Fourvière à Lyon. Au Puy, haut lieu de pèlerinage médiéval, elle ravive une tradition de dévotion à la Vierge, tout en célébrant la modernité industrielle (fonte, assemblage métallique). Son financement participatif et son inauguration fastueuse illustrent l’enthousiasme populaire et clérical de l’époque.