Frise chronologique
1781
Gravure du millésime
Gravure du millésime
1781 (≈ 1781)
Ajout sur le menhir.
XIXe–XXe siècle
Destruction partielle du tertre
Destruction partielle du tertre
XIXe–XXe siècle (≈ 1865)
Aplanissement pour un pré voisin.
1928
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1928 (≈ 1928)
Dirigées par F.A. Schaeffer.
20 mai 1930
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
20 mai 1930 (≈ 1930)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Structure funéraire : classement par arrêté du 20 mai 1930
Personnages clés
| F.A. Schaeffer - Archéologue |
Dirigea les fouilles en 1928. |
Origine et histoire
Le menhir d’Altorf, surnommé Langestein (« la longue pierre »), est érigé au lieu-dit Gaensweidt, à la limite des communes d’Altorf et Dorlisheim (Bas-Rhin). Ce monument en grès jaune-rouge, haut de 2,24 mètres, présente des gravures ultérieures : un blason évoquant Altorf, un visage en bas-relief, et le millésime 1781 sur ses autres faces. À l’origine probablement brut, il a été modifié pour marquer des limites territoriales et porte des traces de réemploi comme borne entre les bans d’Altorf et Dorlisheim.
Des fouilles archéologiques dirigées par F.A. Schaeffer en 1928 ont révélé qu’un tertre funéraire, datant de la fin de la période de Hallstatt (Âge du fer), avait été élevé autour du menhir. Ce tertre servait de sépulture avant d’être partiellement détruit au XIXe ou XXe siècle lors de l’aplanissement d’un pré voisin. Le site, associé à des légendes locales (sabbats, apparition d’une dame blanche), était aussi appelé Hexenbuckel (« tertre des sorcières ») par les habitants d’Altorf, ou Hardtbibber à Molsheim.
Classé Monument Historique en 1930, le menhir repose sur une base irrégulière calée de galets, avec une brisure comblée par deux pierres. Son histoire mêle usages funéraires protohistoriques, bornage médiéval ou moderne, et folklore alsacien. Une anecdote locale raconte qu’un ivrogne de Molsheim, ayant gagné un pari glouton, serait mort près de la pierre, où il fut enterré par les villageois.
Taillé dans un grès grossier probablement issu de Wolxheim ou Soultz-les-Bains, le menhir illustre la réappropriation symbolique et pratique des mégalithes à travers les siècles. Son classement protège aujourd’hui les vestiges de son tertre funéraire, témoin des pratiques sépulcrales de l’Âge du fer en Alsace.