Frise chronologique
XIIIe siècle
Première présence juive
Première présence juive
XIIIe siècle (≈ 1350)
Changeurs près des Halles, pogrom en 1334.
1791
Émancipation des Juifs
Émancipation des Juifs
1791 (≈ 1791)
Autorisation d’installation à Belfort après 1648.
1830
Première synagogue
Première synagogue
1830 (≈ 1830)
Démolie pour raisons militaires.
8 août 1852
Achat du terrain
Achat du terrain
8 août 1852 (≈ 1852)
Par 50 chefs de familles juives.
1857
Inauguration de la synagogue
Inauguration de la synagogue
1857 (≈ 1857)
Style néo-byzantin, architecte Poisat aîné.
1871
Arrivée des Optants
Arrivée des Optants
1871 (≈ 1871)
Juifs alsaciens fuyant l’annexion allemande.
Années 1920
Migration polonaise
Migration polonaise
Années 1920 (≈ 1920)
Création d’un lieu de prière rue sur L’Eau.
1940-1945
Déportation
Déportation
1940-1945 (≈ 1943)
250 Juifs belfortains déportés.
18 octobre 1983
Classement monument historique
Classement monument historique
18 octobre 1983 (≈ 1983)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Synagogue (cad. AL 43) : inscription par arrêté du 18 octobre 1983
Personnages clés
| Poisat aîné - Architecte |
Concepteur de la synagogue (1857). |
| Jacques Dreyfus - Industriel textile |
Frère du capitaine Dreyfus, famille enterrée à Belfort. |
| Léon Schwob - Maire de Belfort |
Issu de la communauté juive locale. |
| Édouard Lévy-Grünewald - Maire de Belfort |
Membre éminent de la communauté. |
| Pierre Dreyfus-Schmidt - Maire de Belfort |
Engagement politique et économique. |
| Michel Dreyfus-Schmidt - Sénateur |
Figure politique issue de la communauté. |
Origine et histoire
La synagogue de Belfort, construite au 3e quart du XIXe siècle (1857) sous le Second Empire, incarne l’architecture néo-byzantine avec ses coupoles orientalistes et ses décors sculptés. Elle remplace une première synagogue démolie en 1830 pour des raisons militaires, et fut édifiée grâce à l’achat d’un terrain en 1852 par 50 familles juives. Son horloge Ungerer, datant des années 1860, et ses vitraux signés Beyer (Besançon) témoignent de son patrimoine artisanal.
La présence juive à Belfort remonte au XIIIe siècle, avec des changeurs installés près des Halles, avant d’être décimée par un pogrom en 1334. Après l’émancipation des Juifs en 1791, la communauté se reconstitua, marquée par l’arrivée d’Optants alsaciens en 1871 (fuyant l’annexion allemande) et de migrants polonais dans les années 1920. La synagogue devint un symbole de cette histoire, entre tradition alsacienne et intégration républicaine.
Le cimetière juif (1811) et les tombes de trois maires issus de la communauté (Léon Schwob, Édouard Lévy-Grünewald, Pierre Dreyfus-Schmidt) soulignent son ancrage local. Pendant la Seconde Guerre mondiale, environ 250 Juifs belfortains furent déportés. Après 1945, la communauté accueillit des rescapés de la Shoah, puis des Juifs d’Afrique du Nord (années 1960), d’Iran (1978), et du Kazakhstan (1996).
Aujourd’hui, la synagogue reste active et ouvre ses portes pour des événements culturels. Son architecture, mêlant motifs médiévaux alémaniques et symboles juifs (comme les griffons d’or ou l’emblème d’Hiram), en fait un monument unique en Bourgogne-Franche-Comté. La restauration récente de son horloge et la conservation de ses vitraux renforcent sa valeur patrimoniale.
Classée monument historique en 1983, elle illustre aussi l’évolution démographique des communautés juives régionales, avec le déclin des synagogues voisines (Montbéliard, Héricourt) et la centralisation des offices à Belfort. Son style romano-byzantin et son Arche Sainte en stuc sculpté en font un exemple remarquable du patrimoine religieux du Second Empire en France.