Frise chronologique
1830
Première synagogue rue de la Madeleine
Première synagogue rue de la Madeleine
1830 (≈ 1830)
Construction d’un premier lieu de culte.
1867-1870
Construction de la synagogue actuelle
Construction de la synagogue actuelle
1867-1870 (≈ 1869)
Œuvre de Pierre Marnotte, style hispano-mauresque.
18 novembre 1869
Inauguration officielle
Inauguration officielle
18 novembre 1869 (≈ 1869)
Cérémonie avec procession depuis l’ancienne synagogue.
1939-1945
Protection pendant la Seconde Guerre mondiale
Protection pendant la Seconde Guerre mondiale
1939-1945 (≈ 1942)
Transformée en entrepôt par la Wehrmacht.
16 novembre 1984
Classement monument historique
Classement monument historique
16 novembre 1984 (≈ 1984)
Reconnaissance patrimoniale nationale.
2004
Mise en lumière du bâtiment
Mise en lumière du bâtiment
2004 (≈ 2004)
Intégration au plan Lumière de Besançon.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Synagogue (cad. AY 21) : classement par arrêté du 16 novembre 1984
Personnages clés
| Pierre Marnotte - Architecte |
Concepteur des deux synagogues de Besançon. |
| Adolphe Veil-Picard - Bienfaiteur et philanthrope |
Finança grilles et partie des travaux. |
| Jacques Auscher - Premier grand-rabbin de Besançon |
Milita pour la création du consistoire. |
| Maurice-Louis Dubourg - Archevêque de Besançon |
Sauva les rouleaux de la Torah pendant l’Occupation. |
| Sidney Chocron - Président de l’association cultuelle (2004) |
Représentant lors de la mise en lumière. |
Origine et histoire
La synagogue de Besançon, construite entre 1867 et 1870 par l’architecte Pierre Marnotte, remplace un premier lieu de culte devenu trop exigu pour une communauté juive en pleine expansion. Inaugurée le 18 novembre 1869, elle incarne un style hispano-mauresque rare en France, directement inspiré de la mosquée de Cordoue et de l’Alhambra de Grenade. Son architecture, marquée par des minarets, des coupoles et des vitraux étoilés, en fait un édifice emblématique du quartier de Battant.
Financée par des dons privés, dont 20 000 francs offerts par la famille Veil-Picard, la synagogue est préservée pendant la Seconde Guerre mondiale grâce à l’intervention d’un commandant allemand qui la transforme en entrepôt. Après 1945, elle devient le cœur d’une communauté juive renouvelée par l’arrivée de Séfarades d’Afrique du Nord dans les années 1960, remplaçant progressivement le rite ashkénaze historique.
Classée monument historique en 1984, la synagogue reste un lieu de culte actif et un témoignage architectural unique. Ouverte au public lors des Journées européennes du patrimoine, elle attire chaque année des milliers de visiteurs. Son mobilier, incluant une arche sainte richement décorée et des vitraux aux motifs géométriques, reflète l’influence orientaliste du XIXe siècle. La communauté juive bisontine, bien que réduite, perpétue les traditions liturgiques dans ce cadre exceptionnel.
Le bâtiment est aussi lié à des figures marquantes, comme le rabbin Jacques Auscher, qui milita pour la création du consistoire de Besançon en 1881, ou Adolphe Veil-Picard, bienfaiteur dont les grilles entourant la synagogue portent encore l’inscription. Pendant l’Occupation, des rouleaux de la Torah furent sauvés grâce à l’intervention de l’archevêque Maurice-Louis Dubourg et du chanoine Rémillet, cachés dans l’église Sainte-Madeleine.
Aujourd’hui, la synagogue de Besançon allie patrimoine historique et vie communautaire. Malgré une fréquentation en déclin (une trentaine de fidèles en temps normal), elle reste un symbole de résilience et de diversité culturelle. Son éclairage nocturne, mis en place en 2004, met en valeur ses détails architecturaux, tandis que des mesures de sécurité strictes protègent le site face aux risques antisémites contemporains.