Frise chronologique
1911
Construction de la synagogue
Construction de la synagogue
1911 (≈ 1911)
Financée par Edmond de Rothschild, conçue par Pontremoli.
21 septembre 1912
Inauguration officielle
Inauguration officielle
21 septembre 1912 (≈ 1912)
En présence des Grands Rabbins Lévy et Dreyfuss.
10 juillet 1986
Inscription Monument Historique
Inscription Monument Historique
10 juillet 1986 (≈ 1986)
Protection patrimoniale officielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La synagogue (cad. 1983 B 3) : inscription par arrêté du 10 juillet 1986
Personnages clés
| Edmond de Rothschild - Baron, philanthrope et mécène |
Finança la construction et offrit le terrain. |
| Emmanuel Pontremoli - Architecte, Prix de Rome |
Conçut les plans inspirés de Byzance. |
| Gustave-Louis Jaulmes - Peintre-décorateur |
Réalisa les motifs géométriques intérieurs. |
| Alfred Lévy - Grand Rabbin du Consistoire Central |
Présent à l'inauguration en 1912. |
| Haïm Joel Stourdzé - Rabbin (1878-1934) |
Père d'un résistant déporté. |
| Philippe Éliyahou Touitou - Rabbin (1990-2003) |
Officia pendant 13 ans. |
Origine et histoire
La synagogue de Boulogne-Billancourt a été construite en 1911 grâce au financement du baron Edmond de Rothschild, philanthrope et figure du sionisme. Le terrain, situé à l'angle des rues des Abondances et de l'Abreuvoir, fut prélevé sur son parc attenant au château. L'architecte Emmanuel Pontremoli, lauréat du Prix de Rome, s'inspira des références byzantines alors en vogue, comme pour les synagogues de Neuilly ou de Chasseloup-Laubat. Les décors intérieurs, notamment les charpentes apparentes ornées de motifs géométriques colorés, furent réalisés par le peintre Gustave-Louis Jaulmes.
L'inauguration eut lieu le 21 septembre 1912 en présence d'Alfred Lévy, Grand Rabbin du Consistoire Central, et de Jacques-Henri Dreyfuss, Grand Rabbin de Paris. La communauté juive de Boulogne-sur-Seine, en croissance depuis 1881, put ainsi disposer d'un lieu de culte adapté. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la synagogue fut transformée en écurie par les occupants, avant d'être restaurée après 1945.
Plusieurs rabbins marquants y ont officié, dont Haïm Joel Stourdzé (père d'un résistant déporté à Auschwitz), ainsi que Philippe Éliyahou Touitou (1990-2003) et Didier Its’hak Kassabi (depuis 2013). Le monument, propriété d'une association, est inscrit aux Monuments Historiques depuis le 10 juillet 1986. Il témoigne du patrimoine religieux et architectural du début du XXe siècle en Île-de-France, lié à l'histoire de la communauté juive locale et à l'influence des Rothschild.
La synagogue s'inscrit dans un contexte plus large de mécénat juif en France, avec des figures comme Albert Kahn ou Théodore Reinach, et illustre l'intégration des références artistiques byzantines dans l'architecture religieuse de l'époque. Son emplacement, à proximité du Bois de Boulogne, reflète aussi l'urbanisation des communes limitrophes de Paris au début du XXe siècle.