Origine et histoire de la Synagogue
La synagogue de Dijon, construite entre 1873 et 1879 dans un style néo-byzantin, remplace plusieurs lieux de culte provisoires utilisés par la communauté juive dijonnaise depuis le XIXe siècle. Son architecture s’inspire de la synagogue parisienne de la rue de la Victoire, avec une nef centrale, deux bas-côtés, et une coupole octogonale ornée de vitraux d’Eugène Oudinot. Les sculptures de Jules Schanovki et les peintures de Leniept enrichissent son décor intérieur, tandis qu’une fondation Ed Kahn, gravée sur un bâtiment adjacent, témoigne de mécénats locaux.
L’histoire juive à Dijon remonte au XIIe siècle, avec des quartiers dédiés comme la rue des Juifs (actuelle rue Buffon) ou la rue de la Petite-Juiverie. La communauté, souvent persécutée, connut des expulsions répétées jusqu’au XVe siècle, avant de disparaître jusqu’à la Révolution française. Au XIXe siècle, des familles alsaciennes s’installent à Dijon, faisant croître la communauté de 50 familles en 1803 à 100 en 1869. La synagogue actuelle, inaugurée en 1879, symbolise leur ancrage, malgré les bouleversements de la guerre franco-prussienne ayant retardé sa construction.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la synagogue fut un lieu de mémoire pour les 376 Juifs recensés à Dijon en 1941, dont beaucoup furent déportés lors des rafles de 1942 et 1944. Le rabbin Elie Cyper, résistant, périt en déportation en 1944. Après-guerre, la communauté se reconstitua, intégrant des Séfarades dans les années 1950-1960. Classée Monument Historique en 1989, la synagogue reste un symbole de résilience, accueillant aujourd’hui 240 familles aux origines diverses (Maghreb, Alsace, Europe de l’Est).
L’édifice, propriété de l’Association cultuelle israélite de Dijon, a bénéficié de restaurations, comme celle de sa coupole en 2000-2001. Ses vitraux, au nombre de douze en référence aux tribus d’Israël, et ses éléments architecturaux (tourelles, dôme) illustrent l’influence romano-byzantine. La fondation Ed Kahn, mentionnée sur un bâtiment attitré, rappelle l’engagement de mécènes locaux dans sa préservation.
Les sources historiques, comme les travaux d’Eugène Fyot (1928) ou de Michel Hilaire Clément-Janin (1879), documentent la présence juive médiévale à Dijon, marquée par des prêts financiers et des persécutions. La charte de 1384 du duc Philippe le Hardi avait temporairement autorisé l’installation de 52 familles juives, mais seule une quinzaine s’établit effectivement. Ces archives éclairent les dynamiques communautaires avant les expulsions définitives du XVe siècle.