Origine et histoire de la Synagogue
La synagogue de Haguenau, construite en 1820 par Léopold, est un exemple d’architecture classique du premier quart du XIXe siècle. Elle se distingue par sa façade à pilastres, son entablement et son fronton, ainsi que par son intérieur à trois vaisseaux. Le bâtiment, en pierre de taille et moellon, est couvert de tuiles plates. Il abrite des vitraux d’art créés par Tristan Ruhlmann, placés de part et d’autre de l’Arche sainte, offerts par la municipalité.
La synagogue remplace deux édifices antérieurs, dont des éléments sont conservés dans l’entrée actuelle : des plaques commémoratives des synagogues de 1492 et 1683. Ces vestiges rappellent l’ancienne présence juive à Haguenau, attestée dès le XIIIe siècle. Le cimetière israélite médiéval, situé rue d’Ivraie et toujours en usage, contient environ 3 000 tombes, dont la plus ancienne date de 1654.
Saccagée pendant l’Occupation et endommagée par un bombardement en 1944, la synagogue a été restaurée en 1959 avec ses dépendances. Elle abritait autrefois l’orgue Wetzel de Benfeld, premier orgue installé dans une synagogue d’Alsace en 1897, aujourd’hui disparu. Parmi son mobilier remarquable figurent des fontaines d’ablutions, un tympan médiéval, des chandeliers de Hanouca, et des plaques commémoratives.
Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 29 août 1984, la synagogue de Haguenau illustre la continuité d’une des communautés juives les plus anciennes d’Alsace. Son architecture et son histoire reflètent les évolutions culturelles et religieuses de la région, marquée par des périodes de prospérité comme de persécution.
Le monument conserve également des objets liturgiques et artistiques, tels qu’un bas-relief et un lustre, tandis que le musée historique local expose des éléments du patrimoine juif haguenovien. La rue du Grand-Rabbin-Joseph-Bloch, où se dresse la synagogue, rend hommage à une figure majeure de la communauté.
Les sources historiques, dont les travaux de Claude Heymann et Robert Weyl, soulignent l’importance de ce lieu dans l’histoire régionale. Les archives mentionnent aussi des rabbins influents, comme Joseph Bloch, ainsi que des artistes locaux, à l’image du peintre-vitrier Tristan Ruhlmann, dont les vitraux enrichissent aujourd’hui l’édifice.