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Frise chronologique
XVe siècle
Première attestation juive
Première attestation juive
XVe siècle (≈ 1550)
Présence d’une communauté à Hochfelden.
1738
Fondation d’une synagogue
Fondation d’une synagogue
1738 (≈ 1738)
Premier édifice connu sur le site.
1794-1795
Inauguration d’un *Sefer Torah*
Inauguration d’un *Sefer Torah*
1794-1795 (≈ 1795)
Cérémonie sous la Convention thermidorienne.
1841
Construction de la synagogue actuelle
Construction de la synagogue actuelle
1841 (≈ 1841)
219 membres dans la communauté.
1855
Construction école et *miqvé*
Construction école et *miqvé*
1855 (≈ 1855)
Plans de Louis Furst, architecte.
1994
Désaffectation cultuelle
Désaffectation cultuelle
1994 (≈ 1994)
Fin des offices religieux.
10 avril 1996
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
10 avril 1996 (≈ 1996)
Protection des façades et *miqvé*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne synagogue, 12 place du Général-Koenig (cad. 5 21) ; façades, toitures et bain rituel de l'ancienne école juive, 12 place du Général-Koenig (cad. 5 21) ; façades et toitures de l'ancienne maison du rabbin, 10 place du Général-Koenig (cad. 5 22) : inscription par arrêté du 10 avril 1996
Personnages clés
| Louis Furst - Architecte |
Conçut l’école et le *miqvé* (1855). |
| André-Marc Haarscher - Historien |
A étudié la communauté juive locale. |
Origine et histoire
La synagogue de Hochfelden, située 10-12 place du Général Koenig, fut construite au 2e quart du XIXe siècle (1841) pour remplacer un sanctuaire plus ancien attestée depuis le XVIIIe siècle, lui-même héritier d’une présence juive locale remontant au XVe siècle. L’édifice, en maçonnerie avec chaînes d’angle harpées et toit à croupes, se distingue par sa porte nord ornée d’une inscription hébraïque (aujourd’hui bûchée) et son intérieur préservé : tribune des femmes suspendue, aron accessible par un degré de pierre, et bima centrale en bois tourné. Un sol en terre cuite daté de 1936 témoigne de rénovations ultérieures.
À proximité, deux bâtiments complémentaires furent érigés : une école juive avec miqvé (bain rituel alimenté par un puits) et logement pour l’instituteur (1855, plans de l’architecte Louis Furst), ainsi qu’une maison du rabbin (2e moitié du XIXe siècle). Ces ensembles, en maçonnerie et pan de bois, portaient aussi des inscriptions hébraïques, aujourd’hui effacées. Un corbillard était autrefois abrité dans un édicule adjacent, détruit en 1999. La synagogue, désaffectée en 1994, fut classée Monument Historique en 1996 et est depuis restaurée par l’association Arche pour y installer un musée de pays.
La communauté juive de Hochfelden, forte de 219 membres en 1841, joua un rôle central dans la vie locale. Les archives conservent des projets non réalisés pour l’aron (1841) et le mobilier liturgique, ainsi que des études historiques soulignant son ancrage ancien : une première synagogue est mentionnée dès 1738, et des cérémonies comme l’inauguration d’un Sefer Torah eurent lieu sous la Convention thermidorienne (1794-1795). Le site illustre ainsi l’évolution du patrimoine juif alsacien, marqué par des cycles de destruction et de reconstruction.
L’architecture reflète les traditions ashkénazes : orientation est-ouest, séparation des sexes (tribune féminine surélevée), et symboles discrets (garde-corps ajourés de l’aron). Les matériaux locaux (grès, briques) s’intègrent au tissu urbain, tandis que la clôture en fer forgé aux initiales T.J.A. (probablement Temple Juif d’Alsace) rappelle son usage communautaire. Le miqvé, accessible par un escalier restauré, et le puits attestent des pratiques rituelles liées à la pureté.
Aujourd’hui, le site mêle mémoire religieuse et patrimoine régional. La désaffectation en 1994 marqua la fin de son usage cultuel, mais sa protection en 1996 permit de préserver un témoignage rare des synagogues rurales alsaciennes du XIXe siècle. Le projet muséal actuel vise à valoriser ce lieu comme symbole de la coexistence culturelle en Alsace, entre héritage juif et histoire locale.