Frise chronologique
2-3 octobre 1941
Attentat du MSR
Attentat du MSR
2-3 octobre 1941 (≈ 3)
Ciblée par l'extrême droite collaborationniste.
1872
Début de la construction
Début de la construction
1872 (≈ 1872)
Marcellin Varcollier désigné architecte.
15 septembre 1876
Inauguration ashkénaze
Inauguration ashkénaze
15 septembre 1876 (≈ 1876)
Consacrée pour les fêtes de Tishri.
29 décembre 1987
Classement monument historique
Classement monument historique
29 décembre 1987 (≈ 1987)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Synagogue (voir aussi : Hôtel de Ribault, 14 place des Vosges) (cad. AO 80) : classement par arrêté du 29 décembre 1987
Personnages clés
| Marcellin-Emmanuel Varcollier - Architecte |
Concepteur de la synagogue en 1876. |
| Gustave Eiffel - Ingénieur collaborateur |
Impliqué dans les forges métalliques. |
| Eugène Deloncle - Fondateur du MSR |
Organisateur de l'attentat de 1941. |
| David Feuerwerker - Rabbin ashkénaze (1948-1960) |
Dernier rabbin ashkénaze en poste. |
Origine et histoire
La synagogue des Tournelles, située au 21 bis de la rue des Tournelles dans le 4e arrondissement de Paris, fut construite en 1876 par l'architecte Marcellin-Emmanuel Varcollier, élève de Louis-Pierre Baltard. Elle illustre l’innovation architecturale de l’époque grâce à l’emploi du métal, avec des éléments forgés par les ateliers de Normandie, en collaboration avec Gustave Eiffel. La façade, ornée d’un vitrail en rosace et de sculptures représentant les tables de la Loi, intègre aussi les armoiries de Paris, rappelant la participation financière de la ville à sa construction.
Inaugurée le 15 septembre 1876 pour les fêtes de Tishri, la synagogue fut d’abord dédiée au rite ashkénaze, accueillant des fidèles alsaciens, lorrains, puis des émigrés polonais et russes. En 1941, elle subit un attentat perpétré par le Mouvement social révolutionnaire (MSR), un parti d’extrême droite. Après la Seconde Guerre mondiale, elle fut dirigée par des rabbins marquants comme David Feuerwerker (1948-1960), avant de devenir un lieu de culte séfarade constantinois.
Classée monument historique en 1987, cette synagogue se distingue par son volume imposant (21 mètres de largeur), son Arche sainte protégée par une double porte en fer forgé, et son statut de deuxième plus grande synagogue de Paris après celle de la rue de la Victoire. Son péristyle mène à une nef semi-circulaire où sont conservés les Sifrei Torah, disposés en demi-cercle. La propriété municipale, attestée par les écussons de la ville sur la façade, souligne son ancrage dans le patrimoine parisien.
L’édifice reflète aussi les tensions historiques du XXe siècle, notamment pendant l’Occupation, tout en restant un symbole de la diversité culturelle et religieuse du Marais. Aujourd’hui, elle continue d’être un lieu actif de prière et de mémoire, géré par une succession de rabbins depuis les années 1980, dont Yves-Henri Marciano depuis 2004.