Frise chronologique
2-3 octobre 1941
Attentat
Attentat
2-3 octobre 1941 (≈ 3)
Dynamitage par des collaborateurs nazis.
1913
Construction
Construction
1913 (≈ 1913)
Début des travaux par Hector Guimard.
octobre 1913
Mise en service
Mise en service
octobre 1913 (≈ 1913)
Ouverture avant l’inauguration officielle.
7 juin 1914
Inauguration
Inauguration
7 juin 1914 (≈ 1914)
Cérémonie avec Gershon Sirota, sans le Consistoire.
4 juillet 1989
Classement MH
Classement MH
4 juillet 1989 (≈ 1989)
Inscription comme monument historique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La synagogue, y compris tous les éléments liturgiques immeubles par nature (cad. 04 : 02 AM 18) : inscription par arrêté du 4 juillet 1989
Personnages clés
| Hector Guimard - Architecte |
Concepteur unique de la synagogue. |
| Joseph Landau - Président de l’Agoudas Hakehilos |
Commanditaire de la construction. |
| Gershon Sirota - *Hazzan* de Varsovie |
Participa à l’inauguration de 1914. |
| Joël Leib HaLevi Herzog - Rabbin (1914-1934) |
Premier dirigeant spirituel. |
| Chaim Yaakov Rottenberg - Rabbin (XXe siècle) |
Père du rabbin actuel. |
| Mordechaï Rottenberg - Rabbin actuel |
Dirige la synagogue aujourd’hui. |
Origine et histoire
La synagogue de la rue Pavée, située au 10 rue Pavée dans le 4e arrondissement de Paris, fut édifiée en 1913 par l’architecte Hector Guimard pour l’Agoudas Hakehilos, une union de neuf communautés juives orthodoxes d’origine russe. Financée par des fonds privés, elle symbolise l’immigration massive des Juifs ashkénazes en France au début du XXe siècle. Sa structure en pierres agglomérées sur armature de béton armé, typique des innovations de l’époque, fut inaugurée le 7 juin 1914, bien qu’opérationnelle depuis octobre 1913. Le célèbre hazzan Gershon Sirota de Varsovie participa à la cérémonie, mais aucun représentant du Consistoire central n’y assista.
L’architecture de Guimard, marquée par un rythme vertical et un décor Art nouveau (mobilier, luminaires, motifs végétaux en staff), reflète son évolution vers un style plus sobre après 1910. Le bâtiment, exigu (5 m × 23 m), exploite la hauteur avec des mezzanines et une verrière zénithale. Dynamitée en 1941 par des collaborateurs nazis du Mouvement social révolutionnaire, la synagogue fut partiellement restaurée après-guerre, sans retrouver son état originel. Elle reste aujourd’hui un lieu de culte orthodoxe actif, inaccessible hors événements comme les Journées du patrimoine.
Seul édifice religieux conçu par Guimard, la synagogue fut classée monument historique en 1989, incluant son mobilier liturgique. Son plan original, où les salles communautaires précèdent l’espace cultuel, illustre la volonté orthodoxe d’intégrer culte et vie sociale, contrastant avec les synagogues consistoriales. Les hazzanim Elinke Hirschin et Simon Pessine (mort à Auschwitz en 1944) y officièrent, parmi d’autres figures marquantes comme les rabbins Joël Leib Herzog et Chaim Yaakov Rottenberg, dont le fils Mordechaï dirige aujourd’hui la communauté.