Origine et histoire de la Synagogue
La synagogue consistoriale de Metz, située rue du Rabbin Élie Bloch, a été inaugurée le 30 août 1850. Elle s’inscrit dans une longue tradition juive lorraine, marquée par des figures comme Rabbénou Guershom. Une première synagogue fut construite sur ce site dès 1609 (ou 1619), suivie d’une seconde en 1716, abritant une école talmudique réputée dirigée par des rabbins illustres, dont Shaagas Aryeh.
Le site a accueilli des visiteurs royaux : Louis XIV en 1657, premier souverain français à entrer dans une synagogue, puis le comte de Provence (futur Louis XVIII) en 1782, impressionné par le rabbin Aryeh Leib Gunzberg. La communauté, choisissant ses rabbins dans le Saint-Empire ou en Pologne pour garantir leur impartialité, a vu se succéder des érudits comme Moïse Cohen Narol ou Gabriel Eskelis. En 1785, l’Académie de Metz organisa un concours sur l’intégration des Juifs en France, auquel participa l’abbé Grégoire.
La construction de l’édifice actuel débuta en 1839 pour répondre aux besoins d’une communauté de 2 400 membres en 1842. Le bâtiment, de style néoclassique, mesure 40 mètres de long et 20 de large, avec une nef, des bas-côtés, et des galeries réservées aux femmes. L’arche sainte, ornée de colonnes et de sculptures, et un orgue installé en 1897, témoignent de son faste. La synagogue fut préservée pendant l’Annexion, malgré des dégradations, et rouverte en 1944 par le grand rabbin Nathan Netter.
Classée monument historique en 1984, elle a bénéficié d’une restauration majeure en 2021-2023, financée par la Fondation du Patrimoine et la Fondation Edmond J. Safra, pour un coût de 2,3 millions d’euros. Le site reste un lieu de culte actif et un centre hébraïque, perpétuant un héritage spirituel et culturel vieux de plusieurs siècles.
Les archives locales conservent des documents précieux, comme le Memorbuch (mémorial des XVIIe-XVIIIe siècles), des dossiers liés au Grand Sanhédrin de 1807, ou des traces du procès de Raphaël Lévy. La place devant la synagogue honore le poète Gustave Kahn, natif de Metz, soulignant le lien entre patrimoine juif et histoire locale.