Construction de la synagogue vers 1290 (≈ 1290)
Édifiée comme lieu de culte juif.
1338
Pogrom et fin de la communauté
Pogrom et fin de la communauté 1338 (≈ 1338)
Juifs expulsés ou exterminés, fin de l’usage cultuel.
XVe siècle
Transformation en habitation
Transformation en habitation XVe siècle (≈ 1550)
Bâtiment converti en ferme puis maison.
1905
Redécouverte par Charles Winkler
Redécouverte par Charles Winkler 1905 (≈ 1905)
Identification des vestiges et relevés architecturaux.
23 mars 1921
Classement monument historique
Classement monument historique 23 mars 1921 (≈ 1921)
Protection des vestiges par l’État français.
2020
Analyse dendrochronologique
Analyse dendrochronologique 2020 (≈ 2020)
Confirmation de la datation au XIIIe siècle.
28 août 2021
Dégâts antisémites
Dégâts antisémites 28 août 2021 (≈ 2021)
Tags sur le mur du cimetière juif voisin.
juillet 2025
Mise en vente du bâtiment
Mise en vente du bâtiment juillet 2025 (≈ 2025)
Risque pour la préservation du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges de l'ancienne synagogue : classement par arrêté du 23 mars 1921
Personnages clés
Charles Winkler - Historien et archéologue
A identifié la synagogue en 1905.
Origine et histoire de la Synagogue
La synagogue de Rouffach, classée monument historique en 1921, est l’un des plus anciens édifices juifs conservés en Europe. Construite vers 1290 dans le Haut-Rhin, elle servit moins de cinquante ans comme lieu de culte : la communauté juive fut exterminée ou expulsée en 1338 lors d’un pogrom. Le bâtiment, converti en ferme puis en habitation au XVe siècle, conserva cependant des traces architecturales médiévales, comme des niches pour les livres saints et un linteau gravé en hébreu. Des analyses dendrochronologiques (2020) ont confirmé sa datation au XIIIe siècle, renforçant son importance patrimoniale.
L’architecture révèle un plan rectangulaire (11,3 m x 12,7 m) avec des murs épais de 80 cm, une absidiole à l’est, et des éléments typiques des synagogues ashkénazes : bandeau pour lampes à huile, niches de stockage, et une porte à linteau trilobé déplacée. Transformée aux XVIe–XVIIe siècles (ajout d’étages) et en 1905 (surbâtiment), elle fut identifiée comme synagogue par Charles Winkler en 1905. Son état de conservation en fait un témoin rare, comparable aux synagogues de Prague et Worms, malgré les dégradations (tags antisémites en 2021) et sa mise en vente en 2025, suscitant des inquiétudes pour sa préservation.
Le site est lié à un réseau de 41 communautés juives alsaciennes (XIIIe–XIVe siècles), dont le cimetière de Jungholtz servait de lieu d’inhumation. Aujourd’hui, des associations comme la Maison du Judaïsme Rhénan ou la Route du judaïsme rhénan militent pour son accès public, soulignant son rôle dans l’histoire des Juifs en France. Les vestiges protégés depuis 1921 incluent l’aron (armoire sainte) remblayé, l’oculus, et les inscriptions hébraïques, offrant un aperçu unique de la vie religieuse médiévale avant l’expulsion de 1338.