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Synagogue Nazareth à Paris à Paris 1er dans Paris 3ème

Patrimoine classé Patrimoine Juif Synagogue

Synagogue Nazareth à Paris

    15 Rue Notre-Dame-de-Nazareth
    75003 Paris 3e Arrondissement
Propriété d'une association
Synagogue Nazareth - Paris 3éme
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
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Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Synagogue Nazareth à Paris
Crédit photo : FLLL - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1800
1900
2000
2-3 octobre 1941
Attentat du MSR
1810
Création du Consistoire central israélite
29 juin 1819
Ordonnance royale de Louis XVIII
1822
Inauguration de la première synagogue
1850
Fermeture pour insécurité
1er avril 1852
Inauguration de la synagogue actuelle
1986
Première protection patrimoniale
29 avril 2019
Classement définitif
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Synagogue (cad. 03 : 01 AF 89) : inscription par arrêté du 3 juillet 1986 ; La synagogue, en totalité, située 15 rue Notre-Dame-de-Nazareth (cad. AF 89) : classement par arrêté du 29 avril 2019

Personnages clés

Louis XVIII - Roi de France Autorise la construction par ordonnance en 1819.
Sandrié de Jouy - Architecte Conçoit la première synagogue en 1822.
Baron James de Rothschild - Mécène Finance la reconstruction en 1852.
Alexandre Thierry - Architecte Auteur des plans de la synagogue actuelle.
Jacques Offenbach - Compositeur Dirige le chœur en 1833.
Joseph Saks - Grand rabbin Déporté et mort pendant la Seconde Guerre mondiale.

Origine et histoire

La synagogue Nazareth, située au 15 rue Notre-Dame-de-Nazareth dans le 3e arrondissement de Paris, est la plus ancienne des grandes synagogues parisiennes encore en activité. Elle trouve ses origines en 1810, lorsque la communauté juive ashkénaze de rite allemand, alors installée rue Sainte-Avoye (actuelle rue du Temple), est contrainte de quitter les lieux en 1818 après une expulsion par son propriétaire. Grâce à une ordonnance royale de Louis XVIII en 1819, le Consistoire israélite de Paris acquiert un terrain entre les rues Neuve-Saint-Laurent (aujourd’hui rue du Vertbois) et Notre-Dame-de-Nazareth pour y construire une nouvelle synagogue, inaugurée en 1822.

Conçue par l’architecte Sandrié de Jouy, cette première synagogue, capable d’accueillir plusieurs centaines de fidèles, présente rapidement des défauts structurels majeurs. En 1848, le bâtiment menace de s’effondrer, conduisant à sa fermeture en 1850 et à sa démolition. Une nouvelle synagogue, financée en partie par le baron James de Rothschild, est alors édifiée selon les plans de l’architecte Alexandre Thierry. Inaugurée le 1er avril 1852, elle se distingue par son style néo-mauresque, son orgue innovant pour l’époque, et ses galeries réservées aux femmes, soutenues par des colonnettes en fonte.

La synagogue Nazareth joue un rôle central dans la vie religieuse parisienne au XIXe siècle. Elle abrite le siège du Consistoire central israélite de France et sert de résidence aux grands rabbins de France et de Paris jusqu’en 1875. Le compositeur Jacques Offenbach y dirige le chœur pendant six mois en 1833, et l’actrice Rachel la fréquente régulièrement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est victime d’un attentat en 1941 par le Mouvement social révolutionnaire (MSR), causant des dégâts matériels. Le grand rabbin Joseph Saks et son épouse, arrêtés lors de cette période, périssent en déportation.

Après la guerre, la synagogue change de rite pour devenir séfarade, reflétant l’arrivée massive de Juifs originaires d’Afrique du Nord dans le quartier. Classée monument historique en 1986 puis en 2019, elle conserve des éléments remarquables comme une horloge aux signes du zodiaque (endommagée lors de la tempête de 1999), une rosace ornée d’une étoile de David, et des plaques commémoratives rappelant son histoire. Les rénovations menées vers l’an 2000 ont restauré les peintures intérieures, les vitraux et le mobilier liturgique d’origine, dont un orgue et des lustres à chandelles.

Architecturalement, la synagogue se caractérise par une façade sobre à trois travées, surmontée d’un fronton crénelé et d’une devise républicaine gravée autour de la porte d’entrée. À l’intérieur, la salle de prière, pouvant accueillir jusqu’à 1 200 fidèles, comprend deux étages de galeries pour les femmes, utilisées uniquement lors des grandes fêtes. Les douze fenêtres symbolisent les douze tribus d’Israël. Malgré son nom atypique — choisi pour éviter la référence chrétienne de la rue — la synagogue Nazareth reste un témoignage majeur du patrimoine juif parisien et de son évolution depuis le XIXe siècle.

Liens externes