Frise chronologique
2-3 octobre 1941
Attentat à la bombe
Attentat à la bombe
2-3 octobre 1941 (≈ 3)
Organisé par le Mouvement social révolutionnaire.
1867-1875
Construction et inauguration
Construction et inauguration
1867-1875 (≈ 1871)
Bâtie par Aldrophe, ouverte au culte en 1875.
21 avril 1890
Mariage d’Alfred Dreyfus
Mariage d’Alfred Dreyfus
21 avril 1890 (≈ 1890)
Célébré par le grand rabbin Zadoc Kahn.
1896
Visite du tsar Nicolas II
Visite du tsar Nicolas II
1896 (≈ 1896)
Cérémonie officielle en son honneur.
1943
Rafle évitée lors de Roch Hachana
Rafle évitée lors de Roch Hachana
1943 (≈ 1943)
Dirigeants communautaires sauvent des fidèles.
11 décembre 1987
Classement monument historique
Classement monument historique
11 décembre 1987 (≈ 1987)
Protection officielle du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Synagogue (cad. 09 : 02 AN 58) : classement par arrêté du 11 décembre 1987
Personnages clés
| Alfred-Philibert Aldrophe - Architecte |
Conçoit la synagogue et d’autres édifices juifs. |
| Gustave de Rothschild - Principal souscripteur |
Finance partiellement la construction. |
| Zadoc Kahn - Grand rabbin de France |
Officie au mariage Dreyfus, dreyfusard engagé. |
| Alfred Dreyfus - Officier français |
S’y marie en 1890, symbole de l’affaire. |
| Theodor Herzl - Journaliste et fondateur du sionisme |
Y trouve l’inspiration pour son engagement. |
Origine et histoire
La grande synagogue de Paris, dite synagogue de la Victoire, fut construite entre 1867 et 1875 dans le 9e arrondissement pour répondre à la croissance de la communauté juive parisienne, passée de 12 000 à 25 000 membres sous le Second Empire. Financée par des souscriptions privées (dont celle de Gustave de Rothschild) et un terrain offert par la ville, elle remplace un ancien bâtiment abritant la légation américaine. L’architecte Alfred-Philibert Aldrophe, spécialiste des édifices religieux juifs, conçoit un bâtiment néo-byzantin de 36 mètres de haut, inauguré en 1874 et ouvert au culte en 1875.
Le lieu devient un symbole de la vie juive parisienne : Alfred Dreyfus y épouse Lucie Hadamard en 1890, et Theodor Herzl, témoin de l’affaire Dreyfus, y trouve l’inspiration pour son engagement sioniste. En 1896, le tsar Nicolas II y est honoré lors d’une cérémonie officielle. Pendant l’Occupation, la synagogue est victime d’attentats (bombe en 1941 par le MSR) et de profanations (1942), avant de servir de refuge lors des rafles. Après-guerre, elle est rénovée jusqu’en 1967 et classée monument historique en 1987.
L’architecture intègre des inscriptions hébraïques et françaises, comme le verset d’Ésaïe sur la façade ou ‘Tu aimeras ton prochain’ à l’intérieur. Les douze vitraux symbolisent les tribus d’Israël, et l’arche sainte porte la devise ‘L’Éternel est ma bannière’. Avec 1 800 places, elle accueille encore des cérémonies majeures, comme l’hommage annuel aux Martyrs de la Déportation, retransmis sur France 2. Siège du grand rabbin de Paris, elle reste un lieu central du judaïsme français.
La synagogue est aujourd’hui propriété de la ville de Paris. Son style éclectique, mêlant références byzantines et symboles juifs, en fait un témoignage unique de l’intégration architecturale et culturelle des communautés juives en France au XIXe siècle. Son histoire, marquée par des événements nationaux (affaire Dreyfus, Shoah), reflète les tensions et les espoirs de la société française moderne.