Frise chronologique
4000-3900 av. J.-C.
Construction du dolmen
Construction du dolmen
4000-3900 av. J.-C. (≈ 3950 av. J.-C.)
Dolmen à couloir et cairn circulaire
1753-1755
Première représentation connue
Première représentation connue
1753-1755 (≈ 1754)
Ouvrage du président Robien
1811
Fouilles de Maudet de Penhouët
Fouilles de Maudet de Penhouët
1811 (≈ 1811)
Découverte d’une hache en silex
1883
Premières restaurations
Premières restaurations
1883 (≈ 1883)
Murs protecteurs autour de la dalle
1889
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle du dolmen
1937-1938
Restauration controversée de Le Rouzic
Restauration controversée de Le Rouzic
1937-1938 (≈ 1938)
Reconstitution du cairn protecteur
1987
Fouilles modernes (Le Roux, L’Helgouac’h)
Fouilles modernes (Le Roux, L’Helgouac’h)
1987 (≈ 1987)
Datation précise et études architecturales
1991
Nouvelle restauration du cairn
Nouvelle restauration du cairn
1991 (≈ 1991)
Remise en cause des travaux de 1937
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le dolmen (cad. G 776 à 778) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Maudet de Penhouët - Historien et explorateur |
Premières fouilles en 1811 |
| Chevalier de Fréminville - Archéologue du XIXe siècle |
Décrit le dolmen en 1827 |
| Prosper Mérimée - Écrivain et inspecteur des Monuments |
Popularise le nom *Table des Marchands* en 1834 |
| Zacharie Le Rouzic - Archéologue et restaurateur |
Restauration controversée en 1937-1938 |
| Charles-Tanguy Le Roux - Archéologue moderne |
Dirige les fouilles de 1987 |
| Jean L’Helgouac’h - Archéologue spécialiste |
Études sur la Table des Marchands (1987) |
Origine et histoire
La Table des Marchands est un dolmen situé sur le site mégalithique de Locmariaquer, dans le Morbihan. Classé monument historique en 1889, il fait partie d’un ensemble incluant le grand menhir brisé d’Er Grah et le tumulus d’Er Grah. Son nom actuel, popularisé au XIXe siècle, remplace des appellations antérieures comme Dolmarchand ou Table de César, reflétant des interprétations fantaisistes liées à la celtomanie de l’époque. Les premières mentions écrites remontent à 1753-1755 dans l’ouvrage du président Robien, tandis que des explorations archéologiques débutent en 1811 sous Maudet de Penhouët.
Le monument, construit entre 4000 et 3900 av. J.-C., est un dolmen à couloir de 10 mètres de long, centré à l’origine dans un cairn de 20 mètres de diamètre. Sa dalle de couverture, mesurant 5,72 mètres, repose sur trois piliers, et plusieurs orthostates portent des gravures symboliques (crosses, hache emmanchée, motifs anthropomorphes). La dalle de chevet, en grès rare, préexistait au dolmen et aurait servi de stèle ornée avant sa réutilisation. Des fouilles successives (1811, 1883, 1905, 1987) ont révélé des objets (haches, céramiques, fil d’or) et des traces de pillages antiques.
Les restaurations controversées, notamment celle de Zacharie Le Rouzic en 1937-1938, ont modifié son apparence en reconstituant un cairn protecteur, suscitant des débats sur l’éthique des interventions. Les gravures, interprétées comme des symboles de pouvoir ou des représentations cosmogoniques (déesse Mère, arc-en-ciel), soulignent l’importance rituelle du site. Aujourd’hui, le dolmen, ouvert à la visite, témoigne des pratiques funéraires collectives et de l’art mégalithique breton.
Les matériaux utilisés, comme l’orthogneiss de Roguedas ou le grès à sabals, proviennent de sites éloignés (jusqu’à 10 km), révélant une organisation complexe du transport et de la construction. Les orthostates du couloir, en granite local et en orthogneiss, incluent des fragments du grand menhir brisé d’Er-Grah, démontrant un recyclage des mégalithes. Les fouilles de 1987 (Le Roux, L’Helgouac’h) ont permis de dater précisément le monument et de comprendre son évolution architecturale, notamment l’extension du cairn à 30 mètres de diamètre.
Les interprétations des gravures varient : la déesse Mère à la chevelure rayonnante (Le Roux) ou un symbole phallique (Cassen) pour la dalle de chevet ; un arc-en-ciel et un bateau pour sa face externe. L’orthostate n°3 présente des motifs serpentiformes et ramiformes, tandis que les orthostates n°16 et 17 portent des cupules, suggérant une symétrie intentionnelle. Le mot GAZELLE, gravé ultérieurement, évoque une inscription de marin du XIXe siècle.
Les débats sur les restaurations, comme celle de 1991 remettant en cause les travaux de Le Rouzic, illustrent les enjeux de conservation des mégalithes. Le site, associé à un théâtre gallo-romain voisin, suggère une réutilisation des lieux à travers les âges. Aujourd’hui, la Table des Marchands reste un emblème du patrimoine néolithique breton, attirant chercheurs et visiteurs pour ses énigmes architecturales et symboliques.