Fondation de la taillanderie 1828 (≈ 1828)
Création par la famille Lagrange.
1865
Développement sous les Philibert
Développement sous les Philibert 1865 (≈ 1865)
Spécialisation dans les faux.
1890-1914
Âge d'or de la production
Âge d'or de la production 1890-1914 (≈ 1902)
25 ouvriers, 35 000 outils/an.
1918-1969
Déclin et fermeture
Déclin et fermeture 1918-1969 (≈ 1944)
Mécanisation agricole, 3 ouvriers en 1969.
16 novembre 1984
Classement monument historique
Classement monument historique 16 novembre 1984 (≈ 1984)
Protection des installations mécaniques.
1995
Ouverture au public
Ouverture au public 1995 (≈ 1995)
25 000 visiteurs annuels en moyenne.
juillet 2019
Mise en vente
Mise en vente juillet 2019 (≈ 2019)
Après le décès du propriétaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne taillanderie, avec ses installations mécaniques (cad. B 23, 25 à 28, 31) : classement par arrêté du 16 novembre 1984
Personnages clés
Famille Lagrange - Fondateurs
Créateurs de la taillanderie en 1828.
Famille Philibert - Développeurs
Spécialisation dans les faux à partir de 1865.
Origine et histoire de la Taillanderie
La taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne est un ancien atelier industriel fondé en 1828 par la famille Lagrange, situé dans le département du Doubs, sur les rives du ruisseau de l'Arcange. Ce site était dédié à la fabrication d’outils tranchants, notamment des faux, pour les besoins agricoles. Son nom de taillanderie désigne spécifiquement ces ateliers produisant des outils coupants pour la paysannerie locale.
À partir de 1865, la famille Philibert reprend et développe l’usine, en se spécialisant dans la production de faux. Entre 1890 et 1914, l’atelier emploie jusqu’à 25 ouvriers et produit annuellement 35 000 outils, dont 20 000 faux, représentant 5 % du marché national. La mécanisation agricole après la Première Guerre mondiale entraîne un déclin progressif, aboutissant à sa fermeture en 1969, avec seulement trois ouvriers restants.
Le site est remarquable pour son système hydraulique unique, alimenté par le ruisseau de l'Arcange. Deux roues à augets extérieures actionnent une soufflerie de 10 tonnes en chêne, datant de 1886, tandis que deux roues intérieures de 5 mètres de diamètre animent quatre martinets frappant le métal à 150 coups par minute. Ces installations, entièrement conservées, illustrent l’ingéniosité technique des petites entreprises industrielles rurales du XIXe siècle.
Classée monument historique en 1984, la taillanderie est aujourd’hui un musée ouvert au public, permettant de découvrir le fonctionnement des martinets et les conditions de vie des ouvriers-forgerons. Avec 25 000 visiteurs annuels depuis 1995, elle fait partie du réseau Engrenages, valorisant le patrimoine industriel de Franche-Comté et de Suisse. Son architecture et ses machines, restées intactes depuis 1969, offrent un témoignage exceptionnel de la première industrialisation régionale.
La vie à la taillanderie s’organisait comme une ferme-atelier, avec un mode de vie communautaire : ouvriers et apprentis logeaient sur place, isolés du village. Ce modèle reflétait l’organisation sociale des petites entreprises rurales, où travail et vie quotidienne étaient étroitement liés. La production déclina avec l’arrivée des faucheuses mécaniques, marquant la fin d’une ère artisanale au profit de l’industrialisation moderne.
En 2019, après le décès de son propriétaire, la taillanderie a été mise en vente, soulignant les défis de préservation des sites patrimoniaux industriels. Son classement et sa restauration en ont fait un symbole du dynamisme des PME qui ont marqué l’industrialisation de la Franche-Comté aux XIXe et XXe siècles.