Origine et histoire de la Tannerie Peltereau-Tenneson
La Tannerie Peltereau-Tenneson, située à Château-Renault, est une ancienne manufacture de cuir emblématique du XIXe siècle. Installée près de la rivière La Brenne, elle conserve la plupart de ses bâtiments d’origine : ateliers de travail de rivière, séchoirs, corroierie, magasins de stockage, et une cheminée d’usine. Ce site industriel, actif pendant près de 380 ans, a cessé son activité en 1978 sous la direction d’André Tenneson. Aujourd’hui propriété de la ville, une partie des locaux a été réhabilitée en 1985 pour accueillir le Musée du cuir et de la tannerie.
L’histoire de la tannerie à Château-Renault remonte au moins au XVIe siècle, avec des traces d’une foulerie à tan mentionnée dès le Moyen Âge sous le nom de Fosse des Paillarz. La reconversion de la ville, autrefois spécialisée dans le textile, vers la tannerie s’accélère après la crise industrielle de 1810. Jacques-Henri Peltereau, héritier d’une fabrique de draps fondée en 1795 dans un ancien couvent, se tourne alors vers la production de cuir à semelles, marquant le début de l’essor de l’usine. Son neveu Auguste Peltereau, puis sa veuve Célestine, développent l’entreprise, avant que Joseph Tenneson n’en prenne la direction de 1912 à 1931.
Le site, inscrit aux monuments historiques depuis le 27 septembre 2004, illustre l’évolution des techniques de tannage et l’importance économique de cette industrie pour Château-Renault, autrefois surnommée la cité du cuir. Parmi les éléments protégés figurent la sèche d’été, la cheminée haute, les façades des ateliers, et l’ancienne maison du directeur. Bien que certains bâtiments aient disparu (salle des machines, halle aux écorces, moulin à tan), l’ensemble offre un témoignage rare de l’architecture industrielle liée au cuir en France.
La tannerie Peltereau-Tenneson incarne aussi les mutations sociales et économiques de la région. Initialement composée de petites unités artisanales de 4 à 5 ouvriers, l’usine s’industrialise progressivement, devenant un acteur majeur du Syndicat général des cuirs et peaux de France. Son déclin, intervenu dans les années 1970, reflète les bouleversements de l’industrie française face à la mondialisation. Aujourd’hui, le musée perpétue la mémoire de ce patrimoine technique et humain.