Origine et histoire des Tanneries
Les tanneries de Maringues, actives depuis au moins le XIIIe siècle, ont connu leur apogée aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ces ateliers, spécialisés dans le traitement des peaux de moutons (mégisseries), s’étendaient le long de la rivière Morge, essentielle pour les étapes de lavage et de préparation des cuirs. Leur architecture typique, avec des niveaux dédiés aux différentes phases de travail (préparation en rez-de-rivière, stockage, habitat des tanneurs, et séchage sous les combles), reflète une organisation rationnelle et adaptée à l’activité.
Au XVIIe siècle, les tanneries de Maringues déclinent progressivement en raison de facteurs économiques, comme l’imposition de taxes sur les cuirs et la concurrence accrue après le traité commercial avec l’Angleterre en 1786. Malgré cela, certaines tanneries restent actives jusqu’au début du XXe siècle, la dernière fermant en 1920. Aujourd’hui, deux d’entre elles, dont la Grande Tannerie (XVIe–XVIIe siècles) et la Tannerie Grandval, ont été restaurées. La Grande Tannerie, classée Monument Historique en 1980, abrite désormais un écomusée présentant les techniques traditionnelles de travail du cuir.
La Grande Tannerie illustre parfaitement l’organisation verticale des ateliers : le rez-de-Morge pour la préparation des peaux, les étages supérieurs pour le stockage et l’habitat, et le dernier niveau, en bois, dédié au séchage. Construite en maçonnerie de galets et en pans de bois, elle utilise des matériaux locaux comme l’andésite pour les encadrements. Son histoire est marquée par des périodes de prospérité, notamment avant la Révolution, puis par un déclin accéléré au XIXe siècle, lié à l’industrialisation et à la disparition des circuits artisanaux.
Les tanneries de Maringues s’inscrivent dans un contexte régional où l’artisanat du cuir jouait un rôle économique majeur. Leur disparition coïncide avec la transformation des modes de production et la modernisation des transports, qui ont relégué ces ateliers au rang de vestiges historiques. Leur préservation offre aujourd’hui un témoignage tangible de ce patrimoine industriel et artisanal, caractéristique de la Limagne auvergnate.
La Tannerie Grandval, probablement construite au XVIe siècle, abrite quant à elle un musée dédié à l’histoire des tanneries. Elle conserve des traces des activités de tanneur et de cirier, rappelant la diversité des métiers liés au cuir dans la région. Ces deux sites restaurés permettent de comprendre l’importance passées des tanneries dans l’économie locale et leur intégration dans le paysage urbain de Maringues, marqué par la rivière et les activités fluviales.