Frise chronologique
1064–1066
Période couverte par la tapisserie
Période couverte par la tapisserie
1064–1066 (≈ 1065)
De la fin du règne d'Édouard le Confesseur à la bataille d'Hastings.
14 juillet 1077
Dédicace possible de la cathédrale de Bayeux
Dédicace possible de la cathédrale de Bayeux
14 juillet 1077 (≈ 1077)
Première exposition présumée de la tapisserie.
1476
Première mention écrite
Première mention écrite
1476 (≈ 1476)
Inventaire du trésor de la cathédrale de Bayeux.
1792
Sauvetage pendant la Révolution
Sauvetage pendant la Révolution
1792 (≈ 1792)
Empêchée d'être découpée pour couvrir un chariot.
1803–1804
Exposition au Louvre sous Napoléon
Exposition au Louvre sous Napoléon
1803–1804 (≈ 1804)
Utilisée comme propagande avant un projet d'invasion de l'Angleterre.
1983
Installation au Centre Guillaume-le-Conquérant
Installation au Centre Guillaume-le-Conquérant
1983 (≈ 1983)
Musée dédié ouvert à Bayeux.
2007
Classement UNESCO Mémoire du monde
Classement UNESCO Mémoire du monde
2007 (≈ 2007)
Reconnaissance patrimoniale internationale.
2025
Restitution d'un fragment volé en 1941
Restitution d'un fragment volé en 1941
2025 (≈ 2025)
Découvert en Allemagne, retour prévu en France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie puis roi d'Angleterre |
Protagoniste central, vainqueur à Hastings. |
| Harold Godwinson - Roi d'Angleterre (1066) |
Antagoniste, représenté comme parjure. |
| Odon de Bayeux - Évêque de Bayeux et demi-frère de Guillaume |
Commanditaire présumé de la tapisserie. |
| Édouard le Confesseur - Roi d'Angleterre (1042–1066) |
Désigne Guillaume comme successeur selon la tapisserie. |
| Mathilde de Flandre - Épouse de Guillaume |
Associée au navire *Mora* dans la tapisserie. |
| Guy de Ponthieu - Comte capturant Harold en 1064 |
Épisode clé du récit brodé. |
| Charles Stothard - Dessinateur anglais (XIXe siècle) |
Auteur d'un fac-similé et d'un vol de fragment. |
| Karl Schlabow - Archéologue allemand (XXe siècle) |
Étudia la tapisserie en 1941 et vola un fragment. |
Origine et histoire
La tapisserie de Bayeux, aussi appelée broderie de Bayeux, est une œuvre textile du XIe siècle classée au registre Mémoire du monde de l'UNESCO depuis 2007. Réalisée à l'aiguille sur une toile de lin avec des fils de laine teints aux pigments végétaux (garance, gaude, indigotine), elle mesure 68,38 mètres de long pour 50 cm de large et compte 623 personnages, 994 animaux, et 41 navires. Son récit visuel s'étend de 1064 (règne d'Édouard le Confesseur) à 1066 (bataille d'Hastings), mettant en scène la rivalité entre Harold Godwinson et Guillaume le Conquérant pour le trône d'Angleterre.
La broderie aurait été commanditée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume et évêque de la ville, entre 1067 et 1082. Bien que traditionnellement attribuée à des brodeuses anglaises (notamment à Canterbury ou Winchester), son lieu de fabrication reste débattu : certaines thèses évoquent une origine normande ou même l'abbaye Saint-Florent de Saumur. L'œuvre, conçue comme un outil de propagande pro-normande, légitime la conquête en dépeignant Harold comme un parjure (scène du serment sur des reliques à Bayeux) et en célébrant la victoire de Guillaume à Hastings (14 octobre 1066).
Conservée jusqu'à la Révolution dans le trésor de la cathédrale de Bayeux, la tapisserie échappa de peu à la destruction en 1792 grâce à l'intervention d'un avocat local. Exposée au Louvre sous Napoléon (1803–1804) pour motiver les troupes avant une invasion projetée de l'Angleterre, elle fut étudiée par des archéologues allemands pendant l'Occupation (1941–1944). Depuis 1983, elle est présentée au Centre Guillaume-le-Conquérant à Bayeux, où une restauration est prévue lors de la fermeture du musée en 2025. Un fragment volé en 1941, retrouvé en Allemagne en 2025, doit être restitué à la France.
La tapisserie offre un témoignage unique sur la vie au XIe siècle : vêtements, châteaux, navires (comme le Mora, bateau de Mathilde), et techniques agricoles (charrue, collier d'épaule). Ses bordures, peuplées de fables ésopiques (Le Corbeau et le Renard) et de scènes quotidiennes, soulèvent des débats sur leur lien avec le récit central. Certains y voient un commentaire moral (pro-normand ou pro-anglo-saxon), d'autres un rôle apotropaïque. La comète de Halley (1066) y est représentée comme un présage, entre le couronnement d'Harold et l'invasion normande.
L'authenticité de l'œuvre fut contestée en 1990 par Robert Chenciner, qui y vit une copie des XVIIe–XVIIIe siècles en raison de détails anachroniques (comme une méthode de cuisson orientale). Cette thèse, rejetée par les conservateurs, repose sur l'absence de sources écrites avant 1476. La tapisserie, première œuvre mobilier classée Monument historique en 1840, inspire encore aujourd'hui la culture populaire, des mèmes internet aux génériques de films médiévaux (Les Vikings, 1958). Son prêt envisagé au British Museum en 2025 suscite des polémiques en raison de sa fragilité.
Les inscriptions latines, en capitales romaines et onciales, mêlent graphies anglo-saxonnes (Æ, Ð) et termes continentaux (parabolant). Elles utilisent des adverbes comme hic (ici) ou ubi (où) pour structurer le récit, avec des erreurs de déclinaison (Willelm au lieu de Willelmo). La tapisserie, souvent comparée à une bande dessinée médiévale pour sa narration séquentielle, utilise des procédés visuels innovants : ellipses, flash-backs (scène du serment), et « débordements » des bordures pour suggérer le chaos de la bataille d'Hastings. Son style, proche des manuscrits anglo-saxons comme le Psautier d'Utrecht, confirme pour beaucoup son origine anglaise.
Enfin, la tapisserie éclaire des épisodes historiques mal documentés, comme le rôle d'Odon à Hastings (combattant avec un bâton pour éviter d'enfreindre son statut clérical) ou les techniques navales scandinaves (bateaux à clin, gouvernail latéral). Elle reste l'unique exemple survivant d'un art roman profane destiné aux élites aristocratiques, entre propagande politique et chef-d'œuvre artistique.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture annuelle : Les musées de Bayeux sont ouverts au public 7/7 jours - La dernière entrée se fait 45 minutes avant l'heure de fermeture de chaque musée.
Basse saison : du 01/02 au 28/02 et du 01/11 au 31/12 : 9h30 - 12h30 et 14h - 18h
Haute saison : du 01/03 au 31/10 : 9h - 18h30 (jusqu'à 19h de mai à août)
Fermeture : du 31 décembre après-midi, du 1er au 31 janvier 2019 inclus
du 24 décembre après-midi au 26 décembre matin inclus
Tarif individuel : Plein tarif 9,50€
Tarif réduit 7,50€
Réduction : Tarif scolaires / étudiants 5€
Gratuit pour les - de 10 ans
Contact organisation : 02 31 51 25 50