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Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon dans les Hautes-Alpes

Patrimoine classé Patrimoine militaire Fort Patrimoine défensif

Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon

    Ville
    05100 Briançon
Propriété de l'Etat ; propriété de la commune ; propriété privée
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Téléphérique militaire de Terre Rouge à Briançon
Crédit photo : Les Bergers des Pierres - Moselle Association - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1937-1938
Construction du téléphérique
1948
Dernière couche de peinture
1980
Fin de fonctionnement
1er octobre 2003
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le téléphérique en totalité : recette inférieure, recette supérieure et les dix pylônes (cad. Cervières A8 1846 : recette inférieure, A8 1841 : pylônes 1, 2 et 3, A1 9 : pylône 8, A1 2106 : pylône 9, A1 20 ; pylône 10, A1 1946 : recette supérieure ; cad. Briançon C 325 : pylône 4, C 320 : pylônes 5 et 6, C 319 : pylône 7) : inscription par arrêté du 1er octobre 2003

Personnages clés

Renoud-Grappin-Viaroz - Entreprise constructrice Grenobloise, dirige les travaux de 1937-1938.
Vialis et Cie - Fabricant du moteur de secours Entreprise grenobloise, moteur à essence.
Sapeurs téléphéristes - Militaires du génie Entretien et exploitation du téléphérique.

Origine et histoire

Le téléphérique militaire de Terre Rouge, aussi appelé téléphérique des Gondran, fut construit entre 1937 et 1938 à Briançon, dans les Hautes-Alpes. Destiné à l'origine au ravitaillement des forts Séré de Rivière et des villages militaires de la ligne Maginot, il permettait d'acheminer marchandises, vivres et matériel vers les sommets, évitant ainsi les routes souvent impraticables. Sa conception reposait sur un système bicâble de 2 625 mètres, soutenu par vingt pylônes métalliques de hauteurs variables pour épouser le relief montagneux. La station basse, située à Terre Rouge sur la commune de Cervières (1 460 m d'altitude), abritait la force motrice principale, un moteur électrique de 25 chevaux, complété par un moteur thermique de secours fabriqué par l'entreprise grenobloise Vialis et Cie.

L'exploitation du téléphérique s'avéra complexe en raison des conditions climatiques et techniques. Les bennes, d'une capacité de 250 à 300 kg, étaient initialement conçues pour un fonctionnement semi-continu, mais des problèmes de glissement sur le câble tracteur conduisirent à adopter un système de va-et-vient avec deux bennes fixes. Les téléphéristes, souvent des sapeurs du génie, devaient entretenir régulièrement les pylônes et les roues, dont l'usure était accélérée par les frottements. En hiver, l'accumulation de neige pouvait perturber le déchargement des bennes à la station haute (2 384 m), parfois au profit des chamois ! Malgré ces défis, le téléphérique fonctionna jusqu'en 1980 avant d'être inscrit à l'inventaire des monuments historiques en 2003.

La construction du téléphérique fut menée sous la direction de l'entreprise Renoud-Grappin-Viaroz, basée à Grenoble, avec la participation active des militaires. Le bâtiment de la station basse fut érigé a posteriori autour des installations techniques, une approche inverse des méthodes habituelles. Ce choix reflétait l'urgence stratégique de l'époque, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le téléphérique joua un rôle clé dans la logistique militaire, bien que son usage officiel se limitât au transport de marchandises — les soldats l'empruntant parfois clandestinement pour des trajets « touristiques ». Son architecture, combinant fonctionnalité et adaptation au terrain, en fait aujourd'hui un témoignage rare des infrastructures militaires alpines du XXe siècle.

Liens externes