Crédit photo : Les Bergers des Pierres - Moselle Association - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1937-1938
Construction du téléphérique
Construction du téléphérique
1937-1938 (≈ 1938)
Réalisé par Renoud-Grappin-Viaroz avec les militaires.
1948
Dernière couche de peinture
Dernière couche de peinture
1948 (≈ 1948)
Station basse et 10 pylônes rénovés.
1980
Fin de fonctionnement
Fin de fonctionnement
1980 (≈ 1980)
Arrêt définitif de l'exploitation.
1er octobre 2003
Classement monument historique
Classement monument historique
1er octobre 2003 (≈ 2003)
Inscription à l'inventaire des MH.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le téléphérique en totalité : recette inférieure, recette supérieure et les dix pylônes (cad. Cervières A8 1846 : recette inférieure, A8 1841 : pylônes 1, 2 et 3, A1 9 : pylône 8, A1 2106 : pylône 9, A1 20 ; pylône 10, A1 1946 : recette supérieure ; cad. Briançon C 325 : pylône 4, C 320 : pylônes 5 et 6, C 319 : pylône 7) : inscription par arrêté du 1er octobre 2003
Personnages clés
| Renoud-Grappin-Viaroz - Entreprise constructrice |
Grenobloise, dirige les travaux de 1937-1938. |
| Vialis et Cie - Fabricant du moteur de secours |
Entreprise grenobloise, moteur à essence. |
| Sapeurs téléphéristes - Militaires du génie |
Entretien et exploitation du téléphérique. |
Origine et histoire
Le téléphérique militaire de Terre Rouge, aussi appelé téléphérique des Gondran, fut construit entre 1937 et 1938 à Briançon, dans les Hautes-Alpes. Destiné à l'origine au ravitaillement des forts Séré de Rivière et des villages militaires de la ligne Maginot, il permettait d'acheminer marchandises, vivres et matériel vers les sommets, évitant ainsi les routes souvent impraticables. Sa conception reposait sur un système bicâble de 2 625 mètres, soutenu par vingt pylônes métalliques de hauteurs variables pour épouser le relief montagneux. La station basse, située à Terre Rouge sur la commune de Cervières (1 460 m d'altitude), abritait la force motrice principale, un moteur électrique de 25 chevaux, complété par un moteur thermique de secours fabriqué par l'entreprise grenobloise Vialis et Cie.
L'exploitation du téléphérique s'avéra complexe en raison des conditions climatiques et techniques. Les bennes, d'une capacité de 250 à 300 kg, étaient initialement conçues pour un fonctionnement semi-continu, mais des problèmes de glissement sur le câble tracteur conduisirent à adopter un système de va-et-vient avec deux bennes fixes. Les téléphéristes, souvent des sapeurs du génie, devaient entretenir régulièrement les pylônes et les roues, dont l'usure était accélérée par les frottements. En hiver, l'accumulation de neige pouvait perturber le déchargement des bennes à la station haute (2 384 m), parfois au profit des chamois ! Malgré ces défis, le téléphérique fonctionna jusqu'en 1980 avant d'être inscrit à l'inventaire des monuments historiques en 2003.
La construction du téléphérique fut menée sous la direction de l'entreprise Renoud-Grappin-Viaroz, basée à Grenoble, avec la participation active des militaires. Le bâtiment de la station basse fut érigé a posteriori autour des installations techniques, une approche inverse des méthodes habituelles. Ce choix reflétait l'urgence stratégique de l'époque, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le téléphérique joua un rôle clé dans la logistique militaire, bien que son usage officiel se limitât au transport de marchandises — les soldats l'empruntant parfois clandestinement pour des trajets « touristiques ». Son architecture, combinant fonctionnalité et adaptation au terrain, en fait aujourd'hui un témoignage rare des infrastructures militaires alpines du XXe siècle.