Premier édifice en bois IIe siècle av. J.-C. (≈ 151 av. J.-C.)
Construction laténienne, incendié vers 100 av. J.-C.
Années 40-90 (Ier siècle)
Deuxième temple rectangulaire
Deuxième temple rectangulaire Années 40-90 (Ier siècle) (≈ 65)
Superposé au premier édifice augustéen
Époque augustéenne (début Ier siècle)
Premier temple maçonné
Premier temple maçonné Époque augustéenne (début Ier siècle) (≈ 104)
Mur en pierres sèches et sol en mortier
Fin du Ier siècle (ère flavienne)
Temple monumental octogonal
Temple monumental octogonal Fin du Ier siècle (ère flavienne) (≈ 195)
Cella et galerie concentrique, 40-45 m
Milieu du IVe siècle
Réoccupation tardive
Réoccupation tardive Milieu du IVe siècle (≈ 450)
Monnaies de Constance II retrouvées
28 janvier 1980
Classement monument historique
Classement monument historique 28 janvier 1980 (≈ 1980)
Protection des vestiges du temple
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le temple (cad. ZK 145e) : classement par arrêté du 28 janvier 1980
Personnages clés
Maurice Halna du Fretay - Archéologue
Premières fouilles en 1894, plan initial erroné
Michel Clément - Archéologue
Fouilles 1978-1984, nouveau plan octogonal
Origine et histoire
Le temple de Trégouzel, aussi appelé temple de Trogouzel, est un fanum celte puis gallo-romain dont les ruines furent découvertes au XIXe siècle près de Ploaré, à Douarnenez (Finistère). Ce site archéologique, occupé dès l’âge du fer, abrite quatre édifices cultuels successifs, dont le dernier – un temple monumental à cella octogonale – fut abandonné vers la fin du IVe siècle. Ses vestiges, classés en 1980, témoignent d’une occupation continue depuis le IIe siècle av. J.-C.
La baie de Douarnenez, pôle majeur de production de sel, de salaisons et de garum à l’époque romaine, était traversée par un réseau dense de voies, dont une route est-ouest reliant Quimper au cap Sizun. Le temple de Trogouzel, situé au nord de cette voie, s’inscrit dans un ensemble archéologique plus vaste, révélé par un mobilier abondant. Trois temples antiques furent identifiés autour de la baie, mais seul celui de Trogouzel subsiste aujourd’hui.
Les premières fouilles, menées en 1894 par Maurice Halna du Fretay, proposèrent une reconstitution erronée du temple, avec une cella rectangulaire entourée d’une galerie circulaire. Les recherches reprirent entre 1978 et 1984 sous la direction de Michel Clément, qui corrigea ce plan : la cella, probablement octogonale et de grande dimension (40 à 45 m avec sa galerie), fut datée de l’époque flavienne (fin du Ier siècle). Des prospections géophysiques en 2018 confirmèrent ce plan et révélèrent une voie antique longeant le temple, ainsi que des traces d’occupation depuis le IIe siècle av. J.-C.
Le site connut quatre états architecturaux : un édifice en bois laténien (incendié à la fin du IIe siècle av. J.-C.), deux temples maçonnés julio-claudiens (augustéen puis des années 40-90), et enfin le temple monumental flavien, abandonné après le IVe siècle. Des monnaies de Constance II (milieu du IVe siècle) attestent d’une réoccupation tardive. Après son abandon, les pierres du temple furent systématiquement récupérées.
Classé monument historique le 28 janvier 1980, le temple de Trogouzel illustre l’importance des sanctuaires dans la Gaule romaine, ainsi que l’évolution des pratiques cultuelles et architecturales entre l’âge du fer et l’Antiquité tardive. Son étude a permis de mieux comprendre les dynamiques religieuses et économiques de la région, liée aux activités salicoles et au commerce maritime.