Origine et histoire du Temple de Diane
Le temple de Diane, situé à Aix-les-Bains en Savoie (Auvergne-Rhône-Alpes), est un édifice romain construit dans la première moitié du IIe siècle. Traditionnellement considéré comme un temple dédié à Diane, son interprétation actuelle penche plutôt vers un mausolée-temple ou un tombeau monumental, lié à l’aristocratie locale exploitant les thermes voisins. Son intégration ultérieure à des constructions médiévales (château féodal, hôtel de ville) a permis sa conservation partielle, malgré la disparition de sa façade est et de sa toiture.
Le monument, classé Monument Historique en 1875, se distingue par son architecture en grand appareil de calcaire blanc, avec un podium surélevé de 3,29 m et des murs latéraux conservés jusqu’à 13 m de hauteur. Son plan irrégulier (17,20 m × 13,65 m) et l’absence de péristyle sacré remettent en question son statut de temple classique. Des fouilles (1988-1989) ont révélé un édifice polygonal antérieur sur le site, ainsi qu’un seuil monumental en remploi, suggérant un remaniement du terrain après un glissement.
La fonction funéraire du temple est étayée par la découverte d’une statue féminine acéphale en marbre (peut-être Perséphone ou une impératrice), des sépultures des Ve-Xe siècles, et son association avec l’arc de Campanus, également interprété comme un monument funéraire. Les familles locales influentes, comme les Pompeii (liés à l’arc) ou les Titii, pourraient en être les commanditaires. Le temple abritait un musée archéologique depuis 1948, aujourd’hui accessible sur demande.
Son histoire post-antique est marquée par des réutilisations successives : cellier médiéval, théâtre au XIXe siècle (1824), puis musée Lapic (1882) avant de devenir le musée archéologique actuel. Les modifications architecturales (mezzanine métallique, contreforts) datent de cette période. Malgré ces transformations, trois de ses murs extérieurs et son fronton ouest restent intacts, offrant un témoignage rare des pratiques funéraires romano-gallo-romaines en marge des agglomérations.
Les débats historiographiques portent sur son affectation originelle : temple dédié à Diane (hypothèse médiévale), nymphée thermal, ou mausolée familial. La thèse du tombeau-temple domine aujourd’hui, en cohérence avec la mode funéraire romaine des IIe-IIIe siècles et la localisation excentrée du site par rapport au bourg rural d’Aquae (Aix-les-Bains), dont l’urbanisation reste mal connue. Les thermes, exploités par l’élite locale, formaient avec le temple un ensemble monumental privé, hors du centre civique.