Crédit photo : Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1642
Achat du terrain par François Mansart
Achat du terrain par François Mansart
1642 (≈ 1642)
Construction de sa résidence personnelle.
1842
Surélevation de l'immeuble
Surélevation de l'immeuble
1842 (≈ 1842)
Achat par le bijoutier Antoine Bret.
1846
Mort de Clotilde de Vaux
Mort de Clotilde de Vaux
1846 (≈ 1846)
Égérie de Comte, lien controversé.
1903
Achat par les positivistes brésiliens
Achat par les positivistes brésiliens
1903 (≈ 1903)
Transformation en temple de l'Humanité.
1905
Inauguration de la chapelle
Inauguration de la chapelle
1905 (≈ 1905)
Ouverture au culte positiviste.
1982
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1982 (≈ 1982)
Protection des façades et chapelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures sur rue et sur cour ; les caves ; la cage d'escalier à partir du troisième niveau ; la colonne dorique en bois au rez-de-chaussée, la Chapelle de l'Humanité au premier étage (cad. 03-03 AO 27) : inscription par arrêté du 19 février 1982
Personnages clés
| François Mansart - Architecte |
Constructeur de la maison originale. |
| Auguste Comte - Philosophe |
Fondateur du positivisme et concepteur. |
| Clotilde de Vaux - Égérie d'Auguste Comte |
Symbole central du temple. |
| Raimundo Teixeira Mendes - Vice-directeur de l'Église positiviste |
Acheteur et transformateur du temple. |
| Gustave Goy - Architecte |
Transforme la façade en 1905. |
Origine et histoire
Le Temple de l’Humanité, situé au 5 rue Payenne dans le 3e arrondissement de Paris, est un édifice religieux unique en Europe, conçu selon les principes du positivisme d’Auguste Comte. À l’origine, le terrain est acquis en 1642 par l’architecte François Mansart, qui y construit sa résidence personnelle et y vit jusqu’à sa mort en 1666. L’immeuble, modifié au fil des siècles, est surélevé en 1842 par le bijoutier Antoine Bret. Son histoire prend un tournant philosophique au XIXe siècle, lié à Clotilde de Vaux, égérie de Comte, dont la mort en 1846 dans cet immeuble (ou au n°7, selon les sources) reste sujette à débat.
En 1903, l’immeuble est acquis par l’Église positiviste du Brésil, dirigée par Raimundo Teixeira Mendes, qui en fait un lieu de culte et de pèlerinage dédié à la « Religion de l’Humanité ». La façade est transformée en 1905 par l’architecte Gustave Goy, qui y ajoute un buste d’Auguste Comte, une inscription positiviste (« L’Amour pour principe et l’ordre pour base, le progrès pour but »), et une représentation de Clotilde de Vaux inspirée de la Vierge Sixtine. La chapelle, aménagée au premier étage, intègre des symboles gothiques, des portraits de grands hommes, et un autel inspiré des modèles chrétiens, reflétant la synthèse entre spiritualité et philosophie positiviste.
L’inauguration a lieu le 2 juin 1905, marquant l’aboutissement d’un projet visant à créer un sanctuaire parisien pour le positivisme. Bien que le culte ait décliné rapidement en France, la chapelle reste un lieu symbolique, ouvert épisodiquement, notamment lors des Journées du patrimoine. Classé Monument historique en 1982, l’édifice conserve sa vocation culturelle et mémorielle, malgré des périodes de fermeture dues à des contraintes matérielles. Aujourd’hui, il accueille des conférences et des visites, perpétuant son lien avec l’héritage intellectuel de Comte et de Clotilde de Vaux.
La controverse sur l’adresse exacte de Clotilde de Vaux (n°5 ou n°7) illustre les incertitudes historiques entourant ce lieu. Les positivistes brésiliens, s’appuyant sur un registre paroissial, ont choisi le n°5 pour en faire un temple, malgré des doutes persistants. Les aménagements intérieurs, comme la réplique de l’appartement de Clotilde au troisième étage, renforcent son statut de lieu de mémoire. La chapelle, avec ses fresques et ses symboles, incarne la vision comtienne d’une religion laïque centrée sur l’humanité, Paris devant en être la « ville sainte ».
Les difficultés financières et le déclin de l’Église positiviste brésilienne ont limité l’usage cultuel du temple, mais son inscription aux Monuments historiques en 1982 a assuré sa préservation. Les travaux de restauration, comme ceux menés dans les années 1970 avec Paulo Carneiro, ont permis de maintenir le bâtiment en état. Aujourd’hui, bien que moins accessible, le temple reste un témoignage rare de l’utopie positiviste, mêlant architecture, philosophie et histoire sociale dans le cœur du Marais parisien.