Frise chronologique
1217
Charte du duc Pierre Ier
Charte du duc Pierre Ier
1217 (≈ 1217)
Don contesté à l’ordre du Temple.
XIIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifiée par les Templiers, peintures murales.
XIVe siècle
Ajout du transept sud
Ajout du transept sud
XIVe siècle (≈ 1450)
Agrandissement par les Hospitaliers.
1574
Inventaire du domaine
Inventaire du domaine
1574 (≈ 1574)
Moulin, terres, et bâtiments recensés.
1626
Restauration par Gilles du Buisson
Restauration par Gilles du Buisson
1626 (≈ 1626)
Campanier et charpente refaits après guerres.
1992
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1992 (≈ 1992)
Inscription à l’inventaire national.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. ZB 3) : inscription par arrêté du 2 mars 1981
Personnages clés
| Pierre Ier de Bretagne - Duc de Bretagne |
Auteur d’une charte de 1217. |
| Guillaume Gasteau - Commandeur hospitalier (1391) |
Premier mentionné à La Coëfferie. |
| Gilles du Buisson - Commandeur (début XVIIe) |
Restaure la chapelle en 1626. |
Origine et histoire
La chapelle du Temple de la Coëfferie, située dans le lieu-dit Le Temple au sud de Messac (Ille-et-Vilaine), est un édifice religieux dont la nef remonte au XIIe siècle, probablement construite par les Templiers. Une charte de 1217 du duc Pierre Ier de Bretagne, mentionnant un don à l’ordre du Temple, fut longtemps associée à tort à ce site. Le manoir de La Coëfferie n’apparaît dans les archives qu’en 1391, sous la gestion des Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, successeurs des Templiers après leur dissolution en 1312.
Au XIVe siècle, un transept sud est ajouté à la chapelle, tandis qu’au XVIe siècle, le manoir principal de la commanderie (Temple de Carentoir) est détruit pendant les Guerres de religion. Les commandeurs s’installent alors à La Coëfferie. En 1626, le commandeur Gilles du Buisson entreprend d’importantes restaurations après les dommages subis pendant les guerres de la Ligue, ajoutant un campanier et une charpente décorée portant son nom. La commanderie exerce alors une autorité judiciaire sur dix paroisses environnantes.
Après la Révolution française, la chapelle est convertie en hangar agricole : des ouvertures sont percées, le campanier détruit, et la chapelle sud divisée par un plancher. Depuis les années 1960, le site fait l’objet de restaurations progressives. Classée à l’inventaire des Monuments historiques en 1992, la chapelle conserve des peintures murales du XIIe siècle, dont un Tétramorphe partiel (Christ, taureau, ange), ainsi que des décors peints sur la porte et les fenêtres du chevet. L’ensemble des bâtiments, organisés autour d’une cour close, témoigne de son passé de commanderie hospitalière.
L’architecture mêle des éléments romans (pignons épaulés par des contreforts, porte en arc brisé) et des ajouts gothiques ou classiques (charpentes du XIVe et XVIIe siècles). Le sol en terre battue de la nef et les traces de pavement en schiste rappellent son usage liturgique originel. Le colombier, daté de 1668, et les inscriptions sur les charpentes (comme celle de Gilles du Buisson) illustrent les campagnes de travaux successives.
Le site, aujourd’hui partiellement restauré, offre un exemple rare en Bretagne de transition entre les ordres militaires-religieux (Templiers puis Hospitaliers) et de leur adaptation aux conflits et aux évolutions architecturales sur plus de cinq siècles.