Frise chronologique
1800 (3 décembre)
Bataille de Hohenlinden
Bataille de Hohenlinden
1800 (3 décembre) (≈ 1800)
Victoire de Moreau inspirant le temple.
1801
Construction du temple
Construction du temple
1801 (≈ 1801)
Commandé par Jeanne Perrin pour Moreau.
1801 (23 mai)
Retrouvailles de Moreau
Retrouvailles de Moreau
1801 (23 mai) (≈ 1801)
Arrivée en gondole devant le temple.
1950
Achat par les Mosley
Achat par les Mosley
1950 (≈ 1950)
Transformation en résidence privée.
1979 (27 septembre)
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1979 (27 septembre) (≈ 1979)
Protection des façades et du parc.
1980
Mort d'Oswald Mosley
Mort d'Oswald Mosley
1980 (≈ 1980)
Cendres dispersées dans l'étang.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; vestibule d'entrée ; grand salon au premier étage ; parc (cad. 1964 AM 221, 222) : classement par arrêté du 27 septembre 1979
Personnages clés
| Jeanne Perrin - Commanditaire du temple |
Belle-mère de Moreau, veuve Hulot. |
| Jean Victor Marie Moreau - Général honoré |
Victoire de Hohenlinden célébrée ici. |
| Pierre-Alexandre Vignon - Architecte attribué |
Plans du temple (incertain). |
| Antoine Etex - Sculpteur résident |
Y vécut et accueillit Corot. |
| Oswald Mosley - Propriétaire controversé |
Figure fasciste britannique, acheteur en 1950. |
| Diana Mitford - Épouse de Mosley |
Décora le temple jusqu’en 1999. |
Origine et histoire
Le Temple de la Gloire est une folie néo-classique construite en 1801 à Orsay, dans l’Essonne, sur un terrain démembré du parc du château d’Orsay. Attribué sans certitude à l’architecte Pierre-Alexandre Vignon, il fut commandé par Jeanne Perrin, veuve de Gury Hulot, pour célébrer la victoire de son gendre, le général Jean Victor Marie Moreau, à la bataille de Hohenlinden (3 décembre 1800). Ce monument symbolisait la gloire militaire de la fin de l’époque révolutionnaire, avant la disgrâce et l’exil de Moreau.
Le temple, inspiré des temples antiques, se situe à l’extrémité est du canal du château d’Orsay, aujourd’hui partiellement comblé. Il servit de cadre aux retrouvailles triomphales de Moreau et de son épouse Eugénie Hulot le 23 mai 1801, lors d’une arrivée en gondole sur le canal. L’édifice, entouré d’un parc paysager avec un théâtre de verdure, devint ensuite un lieu de résidence pour des personnalités comme le sculpteur Antoine Etex, qui y accueillit le peintre Corot.
Au XXe siècle, le Temple de la Gloire fut acquis en 1950 par sir Oswald Mosley et son épouse Diana Mitford, figures controversées du fascisme britannique. Ceux-ci le transformèrent en résidence élégante, y installant un mobilier Louis XVI et Directoire, et le firent classer Monument Historique en 1979. Le parc, réduit à 1,5 hectare, conserve un lac et des éléments paysagers d’origine, bien que l’urbanisation environnante ait altéré son cadre.
L’architecture du temple, en grès, combine un péristyle ionique, un étage noble avec salon d’apparat, et des ailes symétriques. Son plan en « U » et ses escaliers latéraux évoquent les villas palladiennes. L’intérieur, remanié par les Mosley, comprenait un salon central offrant une vue traversante, typique des demeures vénitiennes. Les façades et toitures, ainsi que le parc, sont protégés depuis 1979.
Le site, aujourd’hui propriété privée, témoigne de plusieurs époques : gloire napoléonienne, vie artistique du XIXe siècle, et occupation par un couple d’aristocrates britanniques aux idées extrémistes. Son histoire reflète les mutations sociales et politiques de la France, de la Révolution à la Seconde Guerre mondiale.