Frise chronologique
1862
Achat du terrain
Achat du terrain
1862 (≈ 1862)
Acquisition par la ville de Paris.
3 décembre 1865
Inauguration du temple
Inauguration du temple
3 décembre 1865 (≈ 1865)
Par Coquerel et Grandpierre sous le Second Empire.
6 juin 1872
Synode général des Églises réformées
Synode général des Églises réformées
6 juin 1872 (≈ 1872)
Présidé par François Guizot, révélant des divisions.
1905
Remplacement de la verrière
Remplacement de la verrière
1905 (≈ 1905)
Vitrail coloré non figuratif par Charles Letrosne.
1938
Synode de réunification
Synode de réunification
1938 (≈ 1938)
Réunification de l’Église réformée de France.
25 octobre 2011
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
25 octobre 2011 (≈ 2011)
Inscription du temple en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le Temple en totalité (cad. BM 45, 46, voir plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 25 octobre 2011
Personnages clés
| Athanase Josué Coquerel - Pasteur et théologien |
Co-inaugurateur du temple en 1865. |
| Henri Grandpierre - Représentant du Consistoire protestant |
Co-inaugurateur du temple en 1865. |
| Théodore Ballu - Architecte du temple |
Concepteur principal de l’édifice (1862-1865). |
| François Guizot - Homme politique et historien |
Président du synode de 1872. |
| Charles Mutin - Facteur d’orgues |
Auteur de l’orgue installé en 1898. |
| Baron Haussmann - Préfet de la Seine |
Initiateur du projet dans le Paris haussmannien. |
Origine et histoire
Le temple protestant du Saint-Esprit, surnommé « Roquépine », est un lieu de culte construit dans le 8e arrondissement de Paris, au croisement des rues Roquépine et d’Astorg. Inauguré le 3 décembre 1865 sous le Second Empire, il répond à la nécessité d’offrir un espace religieux à la communauté protestante en pleine expansion, dans un quartier en mutation urbanistique. Son architecture, confiée à Théodore Ballu et Paul-Louis Renaud, s’inscrit dans le projet haussmannien d’embellissement de Paris, marqué par la création de nouveaux axes et édifices publics.
Le temple s’élève sur un terrain acquis en 1862 par la ville de Paris, à l’initiative du préfet Haussmann, lui-même protestant luthérien. Il remplace la chapelle protestante de la rue Saint-Lazare, détruite pour laisser place à l’église de la Sainte-Trinité. Le bâtiment, de style néo-classique, intègre une nef octogonale inspirée du temple de La Rochelle, une école, des logements et une maison paroissiale. Son fronton, orné d’une Bible entourée de palmes et de douze étoiles, symbolise son identité réformée.
Dès son inauguration, le temple devient un lieu central pour le protestantisme français. En 1872, il accueille le synode général des Églises réformées, présidé par François Guizot, marquant une division entre libéraux et orthodoxes. En 1938, il abrite le synode de réunification de l’Église réformée. L’édifice, classé monument historique en 2011, se distingue par son orgue Mutin (1898), ses vitraux colorés de 1905 et son héritage architectural lié aux Halles Baltard.
Le temple du Saint-Esprit illustre aussi les tensions internes du protestantisme du XIXe siècle. Les libéraux, opposés à tout dogmatisme, s’affrontent aux évangéliques, attachés aux textes fondateurs comme la Confession de La Rochelle (1571). Deux de ses pasteurs, Jean-Arnold de Clermont et François Clavairoly, deviendront présidents de la Fédération protestante de France. Aujourd’hui, il reste un symbole de l’ancrage protestant dans le paysage parisien.
Son architecture mêle influences classiques et innovations, comme la verrière inspirée des Halles Baltard, remplacée en 1905 par un vitrail non figuratif. La chaire et le baptistère proviennent de l’ancienne chapelle de la rue Saint-Lazare. Mitoyen de l’hôtel de Saint-Paul, le temple s’inscrit dans un ensemble urbain cohérent, reflétant les ambitions culturelles et religieuses du Second Empire.