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Temple du Saint-Esprit de Besançon dans le Doubs

Patrimoine classé Patrimoine protestant Temple protestant

Temple du Saint-Esprit de Besançon

  • 3-5 Rue Claude-Goudimel
  • 25000 Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
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Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Temple du Saint-Esprit de Besançon
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune ; propriété d'une association cultuelle
25000 Besançon, 3-5 Rue Claude-Goudimel

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1207-1220
Fondation de l'hôpital
1447-1450
Construction de la tour
1575
Répression des protestants
1795
Liberté de culte protestante
1842
Acquisition par les protestants
1932
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La façade du XVIe siècle sise sur le côté ouest de la petite cour attenant à l'ancienne église du Saint-Esprit : classement par arrêté du 22 avril 1932 - La façade et la toiture de la maison sise 31 quai Vauban, ainsi que la chaussée et le quai : inscription par arrêté du 16 septembre 1933 - Le mur entre rue et cour avec grand portail ; les façades sur rue et sur cour, ainsi que les combles qui les surmontent de l'immeuble sis rue Claude Goudimel : inscription par arrêté du 25 octobre 1937 - La tour en totalité, sise 5 rue Goudimel et 29, quai Vauban, y compris la porte déposée et la fermeture en bois de la tour d'escalier (cad. AD 135) : classement par arrêté du 19 août 2005 ; Les parties suivantes de l’enceinte urbaine : les vestiges enfouis de la contrescarpe de la tour bastionnée de Rivotte situés sur la parcelle 58 (section DK), les vestiges du rempart, même ceux enfouis, entre la tour bastionnée de la Rivotte et la tour bastionnée de Brégille, situés sur la parcelle n°11 (section AK), la partie du rempart entre le bastion du moulin Saint-Paul et les vestiges de la tour bastionnée Saint-Pierre, située 22 avenur Arthur-Gaulard, sur les parcelles n°16 et 67 (section AH), les vestiges de la tour bastionnée Saint-Pierre située rue Elisée Cusenier, sur la parcelle n°29 (section AE), les vestiges enfouis de la lunette de Bregille, situé sur la parcelle n°109 (section CX), le corps de garde est de Chamars du XVIIIe siècle, situé 2 avenue de la Gare d’Eau, sur la parcelle n°36 (section AR), l’ensemble des vestiges enfouis de la seconde ligne de remparts situés sous l’hôpital Saint-Jacques, sur la parcelle n°5 (section AV), 2 avenue de la Gare d’eau, parking du Département Doubs, 4 et 6 avenue de la Gare d’eau, sur les parcelles n°35, 44, 48 et 73 (section AR), le corps de garde nors de la porte d’Arènes, situé sur la parcelle n°164 (section AX), tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 10 septembre 2019 ; En totalité, le temple du Saint-Esprit, ancienne église de l’hôpital du Saint-Esprit, y compris sa chapelle nord ainsi que le corps de logis, situé entre le porche actuel de l’église et la galerie en bois, situé 5, rue Claude-Goudimel, sur les parcelles n° 107 et 121, figurant au cadastre section AD, tel que délimité par un liseré rouge sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 5 août 2020

Personnages clés

Jean de Montferrand - Fondateur de l’hôpital Initiateur de l’Ordre du Saint-Esprit à Besançon.
Lambert Vernier de Vélesme - Recteur et bâtisseur Constructeur de la tour (1447-1450).
Alphonse Delacroix - Architecte restaurateur Auteur du porche néogothique (1841).
Frères Callinet - Facteurs d’orgues Créateurs de l’orgue classé (1837).
Pierre Marnotte - Architecte visionnaire Projet avorté de temple semi-circulaire (1826).

Origine et histoire du Temple du Saint-Esprit

Le temple du Saint-Esprit de Besançon trouve ses origines dans un hôpital fondé au début du XIIIe siècle (vers 1207-1220) par l’Ordre Hospitalier du Saint-Esprit sous l’impulsion de Jean de Montferrand. Destiné à accueillir malades, femmes enceintes, vieillards et orphelins, l’établissement se recentre à partir du XVIe siècle sur les enfants abandonnés et les voyageurs, après des accords avec la municipalité. La chapelle, construite au XVe siècle, et la tour carrée (1447-1450) – l’un des plus anciens édifices de la ville – témoignent de cette période médiévale. L’ordre est supprimé en 1777, et le bâtiment devient propriété municipale avant d’être transformé en hospice des enfants de la patrie pendant la Révolution.

La Réforme protestante émerge à Besançon dès les années 1530, mais la communauté est violemment réprimée après la bataille de 1575, où les catholiques écrasent les huguenots locaux. Pendant près de deux siècles, le protestantisme est interdit, forçant ses adeptes à l’exil ou à la clandestinité. La Révolution française met fin aux persécutions : en 1795, un décret accorde aux horlogers suisses (majoritairement réformés) la liberté de culte et la nationalité. La première chapelle protestante, Notre-Dame-du-Foyer, est attribuée en 1796, mais la communauté déménage à plusieurs reprises (couvent des Capucins en 1804, arsenal en 1839) avant d’acquérir définitivement l’ancien hôpital du Saint-Esprit en 1842.

L’architecte Alphonse Delacroix restaure alors le bâtiment en y ajoutant un porche néogothique de style troubadour (1841), tout en préservant les éléments médiévaux comme la nef voûtée d’ogives cisterciennes et la tour du XVe siècle, classée monument historique. La décoration intérieure, sobre et centrée sur la chaire, reflète les principes réformés : rejet des ornementations superflues (autels, statues) au profit d’une lumière naturelle abondante. L’orgue des frères Callinet (1837), classé en 1972, et la galerie en bois sculpté du XVIe siècle (mêlant motifs médiévaux et Renaissance) comptent parmi les joyaux du lieu.

Le temple joue un rôle clé dans la structuration de la communauté protestante bisontine, qui passe de la clandestinité à une reconnaissance officielle au XIXe siècle. En 1856, les registres mentionnent 90 baptêmes et 33 mariages, signe d’une démographie dynamique. La séparation de l’Église et de l’État en 1906 se déroule sans conflit, contrairement à d’autres lieux de culte. Au XXe siècle, le temple devient un symbole de la diversité protestante locale (luthériens, évangélistes, baptistes), tout en ouvrant ses portes au public pour des visites et des événements culturels.

Classé monument historique dès 1932 pour sa façade Renaissance et sa tour médiévale, le temple du Saint-Esprit incarne aujourd’hui le patrimoine religieux et architectural de Besançon. Son histoire reflète les tensions confessionnelles de la Franche-Comté, mais aussi la résilience d’une minorité qui a su transformer un ancien hospice en un lieu de culte emblématique, toujours actif. La tour du Saint-Esprit, avec son escalier à vis hexagonal et sa charpente remarquable, ainsi que les bâtiments adjacents (ancien orphelinat du XVIIIe siècle, actuel siège de l’université), complètent cet ensemble patrimonial exceptionnel.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours