Frise chronologique
1561
Implantation du protestantisme
Implantation du protestantisme
1561 (≈ 1561)
Jeanne d'Albret impose le calvinisme en Navarre.
1598
Édit de Nantes
Édit de Nantes
1598 (≈ 1598)
L'église Saint-Laurent rendue aux catholiques.
1625
Siège du Mas-d'Azil
Siège du Mas-d'Azil
1625 (≈ 1625)
Résistance protestante contre les troupes royales.
1685
Révocation de l'édit de Nantes
Révocation de l'édit de Nantes
1685 (≈ 1685)
Destruction du temple et culte clandestin.
1697
Assemblée du bois de la Bade
Assemblée du bois de la Bade
1697 (≈ 1697)
Répression d'un culte clandestin.
1762
Exécution des frères de Grenier
Exécution des frères de Grenier
1762 (≈ 1762)
Condamnation pour aide à un pasteur.
1803
Construction du temple actuel
Construction du temple actuel
1803 (≈ 1803)
Édifié au cœur du village.
1927
Restauration du temple
Restauration du temple
1927 (≈ 1927)
Travaux majeurs sur le bâtiment.
1997
Dernière restauration
Dernière restauration
1997 (≈ 1997)
Modernisation et entretien.
2015
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
2015 (≈ 2015)
Protection officielle du temple.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le temple protestant en totalité (cad. A 733) : inscription par arrêté du 7 avril 2015
Personnages clés
| Jeanne d'Albret - Reine de Navarre |
Imposa le calvinisme en 1561. |
| Bernard Perrin - Prédicateur protestant |
Fonda l'église du Mas-d'Azil. |
| Jacques de Saint-Blancard - Défenseur du Mas-d'Azil |
Résista au siège de 1625. |
| Frères de Grenier - Gentilshommes verriers |
Exécutés en 1762 pour leur foi. |
| François Rochette - Pasteur protestant |
Arrêté en 1762, cause de l'exécution des de Grenier. |
| Napoléon Peyrat - Historien et pasteur |
Visita Gabre au XIXe siècle. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Gabre, situé en Ariège (Occitanie), est un édifice religieux construit aux XIXe et XXe siècles, mais dont l’histoire remonte au XVIe siècle. Il incarne la persistance du protestantisme dans cette région, marqué par des périodes de répression et de résistance, notamment après la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Le village de Gabre, connu pour ses gentilshommes verriers protestants, fut un foyer actif de la Réforme dès 1561, sous l’influence de Jeanne d'Albret, reine de Navarre.
Sous l’Ancien Régime, le temple fut d’abord établi dans l’église Saint-Laurent, endommagée puis restaurée, avant d’être rendu aux catholiques après 1598. Un nouveau temple fut construit au début du XVIIe siècle sur les hauteurs de Las Termes, desservi par les pasteurs du Mas-d'Azil. La révocation de l’édit de Nantes en 1685 entraîna sa destruction et força les protestants à organiser des assemblées du Désert, comme celle réprimée en 1697 dans le bois de la Bade. Les gentilshommes verriers, dont les familles de Robert et de Grenier, jouèrent un rôle clé dans cette résistance spirituelle.
Après la Révolution, deux temples furent érigés en 1803 et 1804, reflétant des divisions théologiques entre l’Église réformée officielle et l’Église libre. Le temple actuel, restauré en 1927 et 1997, est le seul subsistant. Il fut inscrit aux monuments historiques en 2015. Son architecture sobre, typique des temples du Désert, en fait un symbole de la modestie et de la persévérance des protestants ariégeois.
La communauté protestante de Gabre, forte de 267 membres au début du XIXe siècle (soit plus de la moitié de la population), maintint une vie cultuelle active malgré les difficultés économiques et les persécutions. Le temple, propriété communale depuis 1905, reste un lieu de mémoire pour les protestants locaux et un témoignage de leur histoire mouvementée, marquée par l’artisanat verrier, la clandestinité religieuse et la quête de liberté de culte.
Le bâtiment, de plan rectangulaire (11 m x 8,5 m), se distingue par sa simplicité : murs enduits, charpente apparente, et toiture de tuiles surmontée d’un clocheton. Son intérieur, en légère déclivité, accueille une chaire pastorale entre deux fenêtres étroites. Cette rusticité, comparée à celle des granges-aménagées comme la grange de Wassy, souligne son caractère artisanal et sa fonction première : abriter une communauté persécutée.
Les archives mentionnent des réparations répétées (1834, 1856, 1889) et des travaux majeurs entre 1993 et 1998, financés par la commune et des dons privés. Le temple de Las Termes, transformé en école, disparut, laissant celui du village comme unique lieu de culte. Aujourd’hui, il appartient à l’Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France, perpétuant un héritage à la fois religieux et artisanal.