Frise chronologique
1560
Conversion à la Réforme
Conversion à la Réforme
1560 (≈ 1560)
Adoption massive du protestantisme par les habitants.
1685
Destruction du premier temple
Destruction du premier temple
1685 (≈ 1685)
Rasé après la révocation de l'édit de Nantes.
29 mars 1821
Examen du projet
Examen du projet
29 mars 1821 (≈ 1821)
Conseil des bâtiments civils étudie la construction.
21 septembre 1821
Adjudication des travaux
Adjudication des travaux
21 septembre 1821 (≈ 1821)
Pierre Arnavielle obtient le chantier.
29 avril 1827
Inauguration du temple
Inauguration du temple
29 avril 1827 (≈ 1827)
Cérémonie de dédicace officielle.
1864
Construction du clocher
Construction du clocher
1864 (≈ 1864)
Ajout financé par un don familial.
2016-2018
Rénovations modernes
Rénovations modernes
2016-2018 (≈ 2017)
Travaux sur façades, toitures et accessibilité.
8 août 2019
Protection du monument
Protection du monument
8 août 2019 (≈ 2019)
Inscription comme Monument Historique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le temple protestant, en totalité, situé place Carnot (cad. AB 489) : inscription par arrêté du 8 août 2019
Personnages clés
| Pasteur Génies - Initiateur du projet |
Relance la construction dès 1804. |
| M. Grillon - Rapporteur critique |
Propose une esquisse alternative en 1821. |
| Pierre Arnavielle - Maître maçon adjudicataire |
Réalise les travaux à partir de 1821. |
| Prosper Renaux - Architecte supervisant |
Dirige les travaux et dresse le procès-verbal. |
| Famille Caseing - Donateurs de la cloche |
Finance la cloche du clocher en 1864. |
| Charles Durand - Architecte influent |
Inspire le style néo-classique gardois. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Saint-Jean-du-Gard, construit au XIXe siècle, s’inscrit dans l’histoire religieuse mouvementée de cette ville cévenole. Dès 1560, une grande partie des habitants adopte la Réforme, mais le premier temple, érigé à cette époque, est détruit en 1685. Après la Révolution, le culte protestant reprend dans des conditions précaires, notamment dans le parc du pavillon local. En 1804, le pasteur Génies relance l’idée d’un nouveau temple, mais le projet tarde à aboutir en raison de désaccords administratifs et techniques.
Le projet est finalement approuvé en 1821 après examen par le conseil des bâtiments civils, bien que critiqué par le rapporteur M. Grillon. Les travaux, adjugés au maître maçon Pierre Arnavielle en septembre 1821, débutent en 1822 sur un terrain dont l’acquisition retarde et alourdit le budget. Le temple est achevé en 1827, avec une inauguration solennelle le 29 avril. Sa construction, marquée par des litiges financiers et des modifications de dimensions, illustre les défis logistiques de l’époque.
Dès 1846, des problèmes structurels apparaissent, notamment avec la voûte menaçante, nécessitant des réparations répétées en 1856, 1883, et 1886. En 1860, un don permet l’ajout d’un clocher, inauguré en 1864, complétant l’aspect religieux du bâtiment. Le temple, de style néo-classique sobre mais imposant, se distingue par sa façade à pilastres et fronton, ainsi que par son intérieur spacieux avec tribunes et chaire monumentale.
Au XXe siècle, des rénovations majeures sont entreprises, notamment en 1911 (toiture, peintures) et entre 2016 et 2018 (façades, accessibilité, normes modernes). Ces travaux, soutenus par des fonds publics et privés, préservent son caractère historique tout en l’adaptant aux besoins contemporains. Le temple abrite aussi un orgue baroque du XVIIIe siècle, originaire de Nancy, installé en 1958 et enrichi en 1965.
L’architecture du temple, attribuée indirectement à l’influence de Charles Durand (architecte nîmois) et réalisée sous la supervision de Prosper Renaux, reflète le néoclassicisme gardois. Renaux, directeur des travaux publics d’Alès puis architecte départemental, y applique un style sobre mais élégant, typique des temples protestants cévenols de l’époque. Bien que non classé parmi les plus originaux, ce temple se distingue par sa capacité (400 places) et son rôle dans l’histoire religieuse locale.
Aujourd’hui, le temple protestant de Saint-Jean-du-Gard, protégé depuis 2019, reste un symbole de la persévérance des communautés réformées dans les Cévennes. Son histoire, marquée par des destructions, des reconstructions et des adaptations, témoigne de la vitalité culturelle et spirituelle de cette région, entre mémoire huguenote et patrimoine architectural.