Frise chronologique
1871
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
1871 (≈ 1871)
Création officielle de la paroisse protestante albigeoise.
9 juillet 1871
Inauguration du premier temple
Inauguration du premier temple
9 juillet 1871 (≈ 1871)
Temple modeste rue de l’École-Normale (actuelle rue Général-Pont).
1887
Reconnaissance étatique
Reconnaissance étatique
1887 (≈ 1887)
L’État reconnaît officiellement l’Église d’Albi.
1920-1927
Construction du temple actuel
Construction du temple actuel
1920-1927 (≈ 1924)
Projet mené par Léon Daures, financé par industries locales.
26 juin 1924
Inauguration du temple actuel
Inauguration du temple actuel
26 juin 1924 (≈ 1924)
Édifice néo-roman rue Fontvieille.
20 mai 2015
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
20 mai 2015 (≈ 2015)
Protection officielle du temple.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le temple protestant, sis 20, avenue Fonvieille (cad. AO 554) : inscription par arrêté du 20 mai 2015
Personnages clés
| Claude Émile Jolibois - Archiviste et figure protestante |
Organisateur des cultes, moteur de la communauté albigeoise. |
| Léon Daures - Architecte départemental |
Concepteur du temple actuel (1924). |
| Eugène Bersier - Inspiration liturgique |
Modèle pour l’organisation du culte dialogué. |
Origine et histoire
Le temple réformé d'Albi, situé dans le Tarn, trouve ses racines dans une paroisse fondée en 1871, rattachée à l’Église protestante unie de France. Bien que la Réforme ait touché Albi dès le XVIe siècle, la communauté protestante locale disparut rapidement, contrairement aux régions voisines comme Castres ou Mazamet. Ce n’est qu’au XIXe siècle, sous l’impulsion de figures comme Claude Émile Jolibois (1813-1894), un archiviste converti au protestantisme, que la communauté se restructura. Jolibois organisa d’abord des cultes dans son salon, puis dans des locaux provisoires, avant qu’un premier temple modeste ne soit inauguré en 1871 rue de l’École-Normale (actuelle rue Général-Pont).
Au début du XXe siècle, l’exiguïté du bâtiment et son état général poussèrent la paroisse à envisager une nouvelle construction. L’architecte Léon Daures, originaire de Mazamet, fut chargé du projet. Malgré des difficultés pour trouver un terrain en centre-ville, un nouveau temple fut érigé rue Fontvieille et inauguré en 1924. Son style néo-roman, inspiré peut-être des églises suisses, inclut une tour visible de loin et un intérieur sobre, avec une chaire dominant la table de communion. Le financement fut assuré par des entreprises locales (mines, aciéries, verreries), des églises suisses et hollandaises, et des paroissiens de Mazamet.
Le temple reflète un renouveau liturgique du début du XXe siècle, où l’architecture cherchait à associer les fidèles au culte. La barrière séparant le pasteur de l’assemblée, supprimée dans les années 1980, symbolisait une hiérarchie stricte. Le bâtiment, propriété d’une association cultuelle, fut inscrit aux monuments historiques en 2015 et bénéficia du label « Patrimoine du XXe siècle ». Son histoire illustre la persévérance d’une minorité religieuse dans une région majoritairement catholique, ainsi que son ancrage dans le tissu économique et social local.
Avant 1905, les pasteurs albigeois dépendaient financièrement de la Société Centrale d’Évangélisation, l’État ne reconnaissant officiellement l’Église d’Albi qu’en 1887. Le premier temple, agrandi en 1883, fut remplacé par l’édifice actuel après des décennies de précarité logistique. Les versets bibliques et les choix architecturaux, comme le chevet plat au lieu d’une abside, furent probablement décidés par le pasteur Jolibois, figure centrale de cette communauté dispersée. Aujourd’hui, le temple témoigne à la fois de l’héritage protestant dans le Sud-Ouest et des défis rencontrés par les minorités religieuses en France.
La construction du temple actuel (1920-1927) s’inscrit dans un contexte de reconstruction post-Première Guerre mondiale, où les communautés protestantes cherchaient à afficher leur présence dans l’espace public. L’architecte Daures s’inspira peut-être du temple des Brotteaux à Lyon, œuvre de Gaspard André, pour concevoir un édifice à la fois fonctionnel et symbolique. Le mobilier en bois d’origine, toujours en place, et la tour visible de loin soulignent une volonté de visibilité malgré la discrétion imposée par le contexte local. Le temple reste un lieu actif de culte et de mémoire, lié à l’histoire industrielle du Tarn (mines, verreries).