Frise chronologique
1685
Révocation de l'édit de Nantes
Révocation de l'édit de Nantes
1685 (≈ 1685)
Début des persécutions contre les protestants.
1789
Déclaration des droits de l'homme
Déclaration des droits de l'homme
1789 (≈ 1789)
Rétablit la liberté de conscience.
25 décembre 1797
Inauguration du temple
Inauguration du temple
25 décembre 1797 (≈ 1797)
Ouverture officielle du lieu de culte.
1837
Ajout d'une tribune musicale
Ajout d'une tribune musicale
1837 (≈ 1837)
Installation au-dessus de l'entrée.
mai 1852
Installation de l'orgue Cavaillé-Coll
Installation de l'orgue Cavaillé-Coll
mai 1852 (≈ 1852)
Orgue offert par le maire Fauquet.
1877
Construction de l'entrée monumentale
Construction de l'entrée monumentale
1877 (≈ 1877)
Fronton et colonnes ioniques ajoutés.
16 octobre 1986
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
16 octobre 1986 (≈ 1986)
Reconnaissance patrimoniale officielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le temple (cad. AP 387) : inscription par arrêté du 16 octobre 1986
Personnages clés
| Jean Guillard - Bienfaiteur et réfugié protestant |
Lègue 6 000 livres pour sa construction. |
| Fouache - Architecte du temple |
A dressé les plans en 1792. |
| Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d'orgues |
Conçoit l'orgue installé en 1852. |
| Charles Robert - Architecte du péristyle |
Conçoit l'entrée monumentale en 1877. |
| Fauquet - Maire de Bolbec |
Offre l'orgue Cavaillé-Coll en 1852. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Bolbec est un édifice religieux construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, situé rue Pasteur à Bolbec, en Normandie. Il est inauguré le 25 décembre 1797, après la Révolution française qui rétablit la liberté de culte. Ce monument symbolise la renaissance du protestantisme en France après des décennies de persécutions, notamment après la révocation de l'édit de Nantes en 1685. Son architecture et son histoire reflètent l'évolution des droits religieux et l'intégration progressive des protestants dans l'espace public.
Le projet de construction du temple est rendu possible grâce au legs de 6 000 livres de Jean Guillard, un réfugié protestant originaire de Bolbec mort à Londres en 1782. Les plans sont dressés en 1792 par l'architecte Fouache, et les travaux s'achèvent en 1793. Le temple est agrandi et embelli au fil des décennies : une tribune pour les musiciens est ajoutée en 1837, un orgue construit par Aristide Cavaillé-Coll est installé en 1852, et une entrée monumentale, composée de quatre colonnes ioniques et d'un fronton triangulaire, est érigée en 1877. Ce fronton, orné d'une Bible ouverte et de symboles eucharistiques, affirme la présence protestante dans la société française de la Troisième République.
Le temple abrite des éléments symboliques forts, comme les tables de la Loi et une inscription « Église réformée de France » sur sa frise. Il est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 16 octobre 1986. Aujourd'hui, il fait partie de la paroisse de l'Église protestante unie de la Côte d'Albâtre / Caux, aux côtés d'autres communes normandes comme Fécamp ou Goderville. Son histoire illustre à la fois la résilience des communautés protestantes et leur contribution au patrimoine architectural et culturel de la Normandie.
Avant la construction du temple, les protestants de Bolbec, nombreux dès le XVIe siècle, se réunissaient clandestinement, notamment au prêche du Mont-Criquet ou à Lintot. La Révolution française et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 permettent enfin la réalisation de ce projet, marquant un tournant dans l'histoire religieuse locale. Le terrain choisi pour sa construction appartenait auparavant à un hôtel particulier, acquis en 1770 par Jacques Lemarcis. Les travaux, menés malgré les bouleversements politiques de l'époque, aboutissent à un édifice qui reste un lieu de culte actif et un symbole de tolérance religieuse.
Au XIXe siècle, le temple connaît plusieurs modifications majeures, reflétant son importance croissante dans la vie communautaire. L'ajout de l'orgue en 1852, offert par le maire Fauquet, et la construction du péristyle en 1877-1878 par l'architecte Charles Robert, renforcent son prestige. Ce dernier élément, avec ses colonnes ioniques et son fronton sculpté, s'inspire de l'architecture civile de la Troisième République, soulignant la légitimité retrouvée des protestants dans l'espace public. Les symboles gravés sur le tympan, comme la Bible ouverte et les éléments eucharistiques, rappellent les fondements théologiques et liturgiques de la Réforme.
Depuis les années 1990, le temple a bénéficié de restaurations menées par l'architecte Amoyal, préservant ainsi son patrimoine pour les générations futures. Son inscription comme monument historique en 1986 reconnaît sa valeur architecturale et mémorielle. Aujourd'hui, il continue de jouer un rôle central dans la vie spirituelle et culturelle de Bolbec et de sa région, tout en attirant l'attention des historiens et des amateurs de patrimoine religieux.