Frise chronologique
1525
Début de la Réforme à Die
Début de la Réforme à Die
1525 (≈ 1525)
Pierre Gay prêche le protestantisme.
1560
Fondation de l’Église calviniste
Fondation de l’Église calviniste
1560 (≈ 1560)
Église officielle et synode en 1561.
1590
Construction du premier temple
Construction du premier temple
1590 (≈ 1590)
Dans le quartier Saint-May.
1684-1685
Destruction du temple
Destruction du temple
1684-1685 (≈ 1685)
Rasé après la fermeture de l’Académie.
1804
Rétablissement du culte
Rétablissement du culte
1804 (≈ 1804)
Chapelle de l’hôpital attribuée aux protestants.
1831
Achat de la chapelle des Jésuites
Achat de la chapelle des Jésuites
1831 (≈ 1831)
Devenue temple actuel.
1931
Classement de la porte
Classement de la porte
1931 (≈ 1931)
Porte du XVIIIe inscrite MH.
1941-1944
Engagement dans la Résistance
Engagement dans la Résistance
1941-1944 (≈ 1943)
Protection de Juifs et réseau Buckmaster.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte y compris les vantaux : inscription par arrêté du 12 janvier 1931
Personnages clés
| Pierre Gay - Prédicateur réformé |
Introduit la Réforme à Die en 1525. |
| Thomas Gautier - Théologien protestant |
Professeur à l’Académie, exilé en 1684. |
| Louis Ranc - Dernier pasteur exécuté |
Mort en 1745 pour sa foi. |
| Pierre Loux - Pasteur résistant |
Protège des Juifs pendant la WWII. |
| Simone Courtin - Paroissienne engagée |
Cache la fille de Marc Bloch. |
| Camille Buffardel - Résistant abattu |
Membre du réseau Buckmaster. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Die trouve ses origines en 1525, lorsque Pierre Gay y prêche la Réforme. En 1560, une Église calviniste est officiellement établie, et un premier temple est construit en 1590 dans le quartier Saint-May. La ville devient alors un bastion protestant, abritant un collège, une Académie enseignant théologie, philosophie et langues anciennes, ainsi qu’une imprimerie. Jusqu’en 1627, Die est une place de sûreté pour les réformés, mais les persécutions reprennent avant la révocation de l’édit de Nantes.
En 1684, l’Académie est fermée et le temple rasé l’année suivante, ses pierres réutilisées pour la cathédrale Notre-Dame de Die. Dès 1687, des assemblées du Désert s’organisent clandestinement. Au XIXe siècle, après la Révolution, les protestants – alors près de la moitié de la population du Diois – obtiennent la chapelle de l’ancien hôpital de la Croix (1804), puis rachètent celle des Jésuites en 1831. La porte en noyer du XVIIIe siècle, classée en 1931, en est l’un des rares vestiges architecturaux.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le pasteur Pierre Loux et sa paroisse s’engagent dans la résistance et la protection des Juifs. Le presbytère accueille des réfugiés du camp de Gurs, tandis que des paroissiens cachent des familles persécutées, comme celle de Marc Bloch ou de Claude Lévi-Strauss. En 1944, Camille Buffardel, membre du conseil presbytéral, est abattu par les miliciens pour son rôle dans le réseau Buckmaster. Depuis 1950, la paroisse est jumelée avec Louisendorf (Allemagne), et un chemin de randonnée, Sur les pas des huguenots, valorise ce patrimoine.