Temple protestant de Die dans la Drôme

Patrimoine classé Patrimoine protestant Temple protestant

Temple protestant de Die

  • 2-8 Rue du Docteur Amédée Rousset 
  • 26150 Die
Temple protestant de Die
Temple protestant de Die
Temple protestant de Die
Temple protestant de Die
Crédit photo : PhLabor - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1525
Début de la Réforme
1560
Église calviniste établie
1561
Synode à Die
1590
Construction du temple
1684
Fermeture de l'Académie
1685
Destruction du temple
1804
Création du Consistoire
1831
Achat de la chapelle
1941
Aide aux Juifs
1950
Jumelage avec Louisendorf
2006
Inauguration du chemin
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Porte y compris les vantaux : inscription par arrêté du 12 janvier 1931

Personnages clés

Pierre Gay Prêcheur de la Réforme à Die dès 1525.
Thomas Gautier Théologien ayant fui à Zurich puis à Marbourg.
Louis Ranc Pasteur exécuté en 1745.
Pierre Loux Pasteur ayant aidé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Simone Courtin Paroissienne ayant caché des Juifs persécutés.
Camille Buffardel Membre du réseau Buckmaster, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale.

Origine et histoire du Temple protestant

Le temple protestant de Die, situé 2 rue Amédée Rousset, est le lieu de culte de la paroisse membre de l'Église protestante unie de France. La Réforme y est prêchée dès 1525 par Pierre Gay et l'Église calviniste y est « dressée » en 1560 ; la ville accueille un synode en 1561. Un temple est construit en 1590 dans le quartier Saint-May, accompagné d'un collège et d'une Académie où l'on enseigne théologie, philosophie, latin, grec, hébreu et rhétorique, tandis qu'une imprimerie publie des ouvrages d'édification. Jusqu'en 1627, Die bénéficie du statut de place de sûreté protestante. Face aux persécutions qui précèdent la révocation de l'édit de Nantes, l'Académie est fermée à la fin de 1684 et de nombreuses familles s'exilent, notamment en Suisse ; le théologien Thomas Gautier fuit à Zurich puis à Marbourg. Le temple est rasé en 1685 et ses pierres servent à la cathédrale Notre-Dame de Die, mais dès 1687 des assemblées du Désert sont organisées. En 1745, le pasteur Louis Ranc fait partie des derniers protestants exécutés à Die.

Après la Révolution, près de la moitié des habitants du Diois sont protestants au début du XIXe siècle. Pendant le Directoire, ils se réunissent dans la chapelle du séminaire des Jésuites, puis en 1804 constituent le Consistoire de l'Église réformée selon les articles organiques du régime concordataire et obtiennent la chapelle de l'ancien hôpital de la Croix ; la paroisse rachète la chapelle des Jésuites en 1831. Sous le ministère de Pierre Loux (1938-1946), le conseil presbytéral commente en octobre 1941 les thèses de Pomeyrol, qui condamnent le second statut des Juifs, et le presbytère accueille des Juifs allemand·es réfugié·es du camp de Gurs. Des paroissien·nes s'engagent pour aider des persécutés, comme Mme Simone Courtin qui cache la fille de Marc Bloch et les parents de Claude Lévi-Strauss, et d'autres prennent part à la résistance, notamment Camille Buffardel, membre du réseau Buckmaster, abattu par les miliciens le 22 juillet 1944. Depuis 1950, la paroisse est jumelée avec Louisendorf (commune de Frankenau) et, en 2006, le chemin de randonnée Sur les pas des huguenots a été inauguré, passant par Die.

Parmi les pasteurs qui se sont succédé figurent M. Reymond, Jean-Pal Manson (1813-1865), Philémon Mouline, Phocion Rivière, Jules Soubeyran, Héber Toux (?-1938), Pierre Loux (1938-1946), Christian Mousseiegt, Jacques Mundler (1961-1972), Thomas Zaroukian (1976-1979), Paul Castelnau (1987-1995), Jean Fonda (1996-2000), Jean-Luc Cremer (2002-2008), Heinrich Giugno et François Bay (?-2020).

Sur la porte extérieure est inscrite en latin l'expression « Sacellum seminari », signifiant « chapelle du séminaire ». La porte d'entrée en noyer, inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 12 janvier 1931, et la chaire datent du XVIIIe siècle.

Liens externes