Temple protestant de Jarnac en Charente

Patrimoine classé Patrimoine protestant Temple protestant

Temple protestant de Jarnac

  • 2-24 Rue Abel Guy 
  • 16200 Jarnac
Temple protestant de Jarnac
Temple protestant de Jarnac
Temple protestant de Jarnac
Temple protestant de Jarnac
Temple protestant de Jarnac
Crédit photo : JLPC - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une association cultuelle

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1761
Construction initiale
1820
Travaux d'accès
1888
Rénovation intérieure
1901
Installation de l'orgue
Début du XIXe siècle
Agrandissement et rehaussement
1998
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Temple, en totalité, y compris son décor intérieur (cad. AT 125) : inscription par arrêté du 26 octobre 1998

Personnages clés

François-Nicolas Pineau Architecte ayant conçu les plans des travaux d'agrandissement.
Paul Abadie père Architecte ayant contrôlé les travaux d'agrandissement.
Albert Cochot Architecte responsable de la rénovation intérieure de 1888.
Adolphe Persaud Mécène ayant permis l'installation de l'orgue Merklin.
Abel Guy Mécène lié à la paroisse, en mémoire duquel la rue a été rebaptisée.

Origine et histoire du Temple protestant

Le temple protestant de Jarnac, situé 16 rue Abel Guy, est géré par la paroisse du Cognaçais, membre de l'Église protestante unie de France. Élevé à cet emplacement en 1761, il est le plus ancien temple encore en exercice dans la région. Jarnac fut un foyer calviniste précoce de l'Angoumois et a connu des lieux de culte successifs, le premier installé dans une grange proche du château ayant été supprimé à la fin du XVIIe siècle. La « maison d'oraison » de 1761, qui occupe l'actuel emplacement, a été agrandie et rehaussée au début du XIXe siècle. À partir de 1820, les travaux d'agrandissement et de rehaussement furent réalisés d'après les plans de François-Nicolas Pineau et sous le contrôle de Paul Abadie père, ce qui permit l'accès direct au temple depuis la rue. Des devis datés de 1862 annoncent des réparations et aménagements intérieurs, mais les travaux ne furent entrepris qu'à partir de 1888, lorsque l'architecte Albert Cochot remplaça la charpente et réaménagea l'intérieur. Ces réaménagements inclurent un plafond en forme de vaisseau inversé, une sacristie, une tribune, une mosaïque d'entrée et des vitraux. Le temple présente un plan rectangulaire très allongé et est construit en pierre de taille ; ses dimensions sont de 30 mètres sur 10. La façade néo-classique, ordonnancée et encadrée de deux colonnes à pilastre, illustre la sobriété de l'église réformée ; elle a été inscrite aux monuments historiques en 1998. L'intérieur se distingue par sa sobriété liturgique : trois rangs de bancs en sapin blond font face à un ensemble de boiseries comprenant la chaire, la balustrade et la table de communion. Les vitraux, ornés de feuilles d'acanthe et de grappes de raisin, renvoient à la symbolique biblique de la Sainte-Cène et au rôle local du négoce vinicole. Un décalogue en pierre daté de 1694, trouvé à Givrezac, est accroché sur le mur droit et une mosaïque décore le sol de l'entrée. L'orgue Merklin de Lyon, composé de sept jeux et onze registres, fut installé en 1901 sur la tribune d'entrée grâce à un legs d'Adolphe Persaud ; il figure à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 2011. Le temple a joué un rôle local important dans la vie religieuse et associative : en 1906 s'y tint une assemblée préparatoire à l'unification des Églises réformées françaises, dite « Union de Jarnac ». En juin 2013, il a célébré l'union formant l'Église protestante unie de France. L'ancienne rue du Faubourg du Chail a été rebaptisée rue Abel Guy en 1891 en mémoire d'un mécène lié à la paroisse, et un legs a permis des acquisitions et des installations au service de la communauté. La succession des pasteurs qui ont servi la paroisse est documentée depuis 1801 ; parmi eux figurent, dans l'ordre, Jean Mazauric, Guillaume Berneaud, Antoine Benjamin Guy, Pierre Maurice Crozes, Maurice Dejarnac, Mathieu Augustin Ducros, Eugène Hoffet, Paul Ribagnac, Roger Bellant, Georges Philip, David Mitrani, Nicolas Blanc et, depuis 2021, Cyrille Payot, entre autres. Le temple demeure un témoin majeur du protestantisme en Charente, marqué par son architecture, ses aménagements intérieurs et son rôle continu dans la vie religieuse locale.

Liens externes