Frise chronologique
1789
Liberté de culte
Liberté de culte
1789 (≈ 1789)
Déclaration des droits de l'homme.
1868
Démolition du premier temple
Démolition du premier temple
1868 (≈ 1868)
Percement de la rue Faidherbe.
juillet 1868
Concours architectural remporté
Concours architectural remporté
juillet 1868 (≈ 1868)
Projet d'Alphonse Roederer retenu.
1er novembre 1871
Inauguration du temple
Inauguration du temple
1er novembre 1871 (≈ 1871)
Culte protestant rétablis à Lille.
2010
Inscription monument historique
Inscription monument historique
2010 (≈ 2010)
Protection du patrimoine religieux.
5 novembre 2017
Nouvelle cloche en bronze
Nouvelle cloche en bronze
5 novembre 2017 (≈ 2017)
Célébration des 500 ans de la Réforme.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le temple protestant et ses annexes, en totalité (cad. OR 25) : inscription par arrêté du 18 mars 2010
Personnages clés
| Alphonse Roederer - Architecte |
Concepteur du temple en 1868. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Lille trouve ses origines dans la Révolution française, lorsque les protestants obtiennent la liberté de culte avec la Déclaration des droits de l'homme de 1789. Ils récupèrent alors une chapelle désaffectée, l'ancienne église des Bons-Fils, qui servira de premier temple jusqu'à sa démolition en 1868 pour le percement de la rue Faidherbe. Ce lieu initial symbolisait la reconnaissance officielle du protestantisme dans une France majoritairement catholique.
Après la Guerre franco-allemande de 1870, l'afflux de réfugiés protestants et juifs d'Alsace-Lorraine à Lille accélère la construction d'un nouveau temple. Un concours architectural est lancé en 1868, exigeant un clocher-porche en pierre, des murs en brique et une capacité de 800 places. Le projet de l'architecte strasbourgeois Alphonse Roederer est retenu, mêlant influences néo-gothiques et fonctionnalité, avec une inauguration en 1871 bien que les travaux se poursuivent jusqu'en 1875.
Le temple se distingue par son clocher-porche monumental, initialement couronné d'une flèche en bois remplacée ultérieurement par une flèche en pierre. L'intérieur, marqué par une tribune circulaire portant le Notre-Père et un plafond en boiserie à caissons, reflète une sobriété protestante contrastant avec la richesse ornementale de la façade. La cloche originale en fonte, remplacée en 2017 par une cloche de bronze gravée des cinq solas de la Réforme, illustre l'évolution des pratiques cultuelles.
Propriété de la ville de Lille, le temple est aujourd'hui attribué à l'Église protestante unie de France (EPUdF) pour son usage cultuel. Son emplacement, face à la synagogue et à proximité de l'université, en fait un élément clé du paysage religieux et intellectuel lillois du XIXe siècle. L'édifice, inscrit aux monuments historiques en 2010, témoigne de l'intégration architecturale et sociale des communautés protestantes dans le nord de la France.
Le quartier environnant, surnommé le « quartier latin » lillois, s'est structuré autour de ce temple, avec la construction ultérieure d'autres institutions comme l'église Saint-Michel et Sciences Po Lille. Ce contexte urbain souligne le rôle du temple non seulement comme lieu de culte, mais aussi comme pivot d'un dynamisme culturel et éducatif postérieur à 1870.