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Temple protestant de Nantes en Loire-Atlantique

Temple protestant de Nantes

    15 bis Place Edouard Normand
    44000 Nantes

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1534
Martyre de Nicolas Valleton
1560
Premier temple attribué
1598
Signature de l’édit de Nantes
1805
Chapelle des Carmélites utilisée
1855
Inauguration du temple place de l’Édit-de-Nantes
23 septembre 1943
Destruction par bombardement
26 octobre 1958
Inauguration du temple actuel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Nicolas Valleton - Martyr protestant Brûlé en 1534 pour l’Affaire des Placards.
Henri IV - Roi de France Signe l’édit de Nantes en 1598.
Henri-Théodore Driollet - Architecte municipal Conçoit le temple de 1855.
Paul Bellamy - Maire de Nantes (1910-1928) Figure protestante, fondateur des maires de France.
Raoul Duval - Pasteur Lance la reconstruction post-1943.
Victoire Durand-Gasselin - Architecte Auteure des plans du temple actuel (1956).

Origine et histoire

Le temple protestant de Nantes, inauguré en 1956 place Édouard-Normand, est le quatrième lieu de culte réformé de la ville. Il succède à un édifice détruit par un bombardement en 1943, lui-même construit en 1855 place de l’Édit-de-Nantes. Ce dernier avait remplacé une chapelle des Carmélites, utilisée comme temple de 1805 à 1855 après le concordat de 1801. Le site actuel, choisi pour des contraintes d’urbanisme, abrite aussi un mémorial dédié à la Réforme et à l’édit de Nantes.

Les origines protestantes à Nantes remontent au XVIe siècle, avec des figures comme Nicolas Valleton, brûlé en 1534 pour son rôle dans l’Affaire des Placards. La ville, influente commercialement avec les pays protestants (Pays-Bas, Royaume-Uni), abrite des cultes clandestins malgré la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Des nobles locaux, comme les Rohan ou les Châtillons, protègent les réformés sur leurs terres pendant les guerres de Religion. Le premier temple officiel, attribué en 1560 dans le quartier du Loquidy, marque le début d’une présence organisée.

L’architecture actuelle, conçue par Victoire Durand-Gasselin (petite-fille d’Hippolyte Durand-Gasselin et nièce de l’ancien maire Paul Bellamy), inclut une salle de culte de 400 m2, une salle polyvalente en sous-sol, et des espaces dédiés à la mémoire historique. Le temple symbolise la résilience de la communauté protestante nantaise, liée à des personnalités comme le pasteur Raoul Duval, initiateur de sa reconstruction après-guerre. Son inauguration en 1958 clôt un siècle de migrations successives pour le culte réformé en ville.

Le quartier Hauts-Pavés - Saint-Félix, où se dresse le temple, concentre une histoire religieuse diverse. Le cimetière Miséricorde voisin abritait autrefois un quartier protestant et juif, reflétant les exclusions subies par ces communautés. L’édifice actuel, avec son mémorial, rappelle aussi le rôle de Nantes dans l’édit de 1598, signé par Henri IV pour garantir la liberté de conscience, avant sa révocation en 1685.

Les destructions successives (incendie du temple de Blain en 1591, bombardement de 1943) et les reconstructions illustrent les tensions historiques autour du protestantisme en France. Le temple de 1855, œuvre de l’architecte Henri-Théodore Driollet, avait coûté 120 000 francs-or, financés par l’État, la ville et les paroissiens. Sa disparition pendant la Seconde Guerre mondiale a motivé l’édification du bâtiment actuel, conçu pour répondre aux besoins communautaires et commémoratifs.

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