Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Temple protestant de Nègrepelisse dans le Tarn-et-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine protestant
Temple protestant

Temple protestant de Nègrepelisse

    Le Bourg 
    82800 Nègrepelisse
Propriété de la commune
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1500
1600
1700
1800
1900
2000
10-11 juin 1622
Destruction du premier temple
1560
Arrivée de la Réforme
1646
Reconstruction du deuxième temple
1669
Ordre de destruction des temples
1806
Autorisation de reconstruction
1820
Achèvement du troisième temple
1868-1870
Construction du quatrième temple
19 mai 1994
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Temple, y compris la sacristie (cad. G 541) : classement par arrêté du 19 mai 1994

Personnages clés

Henri de Turenne - Comte de Nègrepelisse Obtient la reconstruction du temple en 1646.
Louis XIII - Roi de France Ordone la destruction du temple en 1622.
Jules Bourdais - Architecte Conçoit le temple actuel (1868-1870).
Eugène Viollet-le-Duc - Architecte théoricien Inspire les choix structurels de Bourdais.
Jean Coulonjou - Entrepreneur local Réalise les travaux de construction.
Napoléon Ier - Empereur des Français Autorise la reconstruction en 1806.

Origine et histoire

Le temple protestant de Nègrepelisse, situé dans le Tarn-et-Garonne en Occitanie, trouve ses origines dans la Réforme protestante qui atteint la région dès 1560. Les protestants locaux transforment alors l’ancienne église Saint-Pierre-ès-Liens en temple. Ce premier lieu de culte est détruit en 1622 lors de la reprise de la ville par les troupes royales de Louis XIII, marquant un épisode violent des guerres de religion avec le massacre de la population et le pillage de la ville.

Un deuxième temple est reconstruit en 1646 à la lisière de la ville, grâce à l’autorisation obtenue par Henri de Turenne, comte de Nègrepelisse. Cependant, sous le règne de Louis XIV, l’édit de 1669 ordonne la destruction des temples construits après 1598, contraignant la communauté protestante à démolir elle-même son lieu de culte en 1670. La révocation de l’édit de Nantes en 1685 aggrave encore la situation, poussant de nombreux protestants à l’exil ou à l’abjuration.

La liberté de culte est finalement rétablie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. En 1806, Napoléon Ier autorise la reconstruction du temple, qui est achevé en 1820. Cependant, sa dégradation rapide conduit à un nouveau projet architectural au XIXe siècle. En 1868, un concours est lancé pour concevoir un quatrième temple, remporté par l’architecte Jules Bourdais, admirateur de Viollet-le-Duc. Ce dernier propose un plan innovant, sans colonnes intérieures, utilisant des fermes diagonales et des colonnes inclinées pour soutenir la charpente.

Le temple actuel, dédié en 1870, se distingue par son architecture avant-gardiste, incluant un réflecteur parabolique pour amplifier la voix du pasteur et une structure en croix aux angles rentrants. Bien que Bourdais ait initialement prévu une bichromie en briques, des contraintes techniques l’obligent à peindre les façades pour simuler cet effet. Classé monument historique en 1994, ce temple reste un témoignage unique de l’innovation architecturale protestante dans la France rurale du XIXe siècle.

Le bâtiment, d’une capacité de 800 à 1 000 places, intègre des tribunes en fonte et un plafond en lambris formant de fausses voûtes. Son coût final, inférieur aux 50 000 francs prévus, s’élève à environ 48 000 francs. Aujourd’hui, il symbolise à la fois la résilience de la communauté protestante locale et l’audace technique de son architecte, Jules Bourdais, dont les choix ont influencé d’autres édifices religieux, comme la synagogue de Sélestat.

Liens externes