Frise chronologique
1558
Fondation de l'église réformée
Fondation de l'église réformée
1558 (≈ 1558)
Première église protestante à Segonzac par François Gabarre.
1607
Construction du premier temple
Construction du premier temple
1607 (≈ 1607)
Temple détruit en 1662 pendant les persécutions.
1685
Révocation de l'édit de Nantes
Révocation de l'édit de Nantes
1685 (≈ 1685)
Début des cultes clandestins au Désert.
1864-1866
Construction du temple actuel
Construction du temple actuel
1864-1866 (≈ 1865)
Œuvre de l'architecte Alphonse Deménieux.
1868
Installation de la table de communion
Installation de la table de communion
1868 (≈ 1868)
Réalisée par Titeux, artisan de Jarnac.
1998
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1998 (≈ 1998)
Protection du temple et de son décor intérieur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Temple, en totalité, y compris son décor intérieur (cad. AB 56) : inscription par arrêté du 21 septembre 1998
Personnages clés
| François Gabarre - Pasteur réformé |
Fonda l'église protestante de Segonzac en 1558. |
| Alphonse Deménieux - Architecte |
Conçut les plans du temple en 1864. |
| Montgomery - Chef militaire protestant |
Défait à la bataille de Jarnac (1569). |
| Titeux - Artisan |
Réalisa la table de communion en 1868. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Segonzac, construit entre 1864 et 1866, est un édifice emblématique du protestantisme en Charente. Il succède à deux temples antérieurs, dont le premier érigé en 1607 et détruit en 1662 lors des persécutions religieuses. Ce lieu de culte reflète l’importance historique de la communauté protestante dans la région, notamment après la révocation de l’édit de Nantes en 1685, période durant laquelle les fidèles se réunissaient clandestinement au Désert.
L’architecte Alphonse Deménieux, originaire de Cognac, conçoit les plans du temple actuel, qui est inauguré en 1866. L’édifice se distingue par sa monumentalité, avec une façade ordonnancée et un fronton orné d’une Bible en bas-relief. À l’intérieur, le mobilier, incluant la chaire, les bancs et les lustres, est entièrement conservé et conçu par Deménieux. Le temple est inscrit aux monuments historiques en 1998, reconnaissant ainsi son importance patrimoniale et architecturale.
Le temple de Segonzac est géré par la paroisse du Cognaçais, membre de l’Église protestante unie de France. Il symbolise la résilience de la communauté protestante locale, marquée par des siècles de persécutions et de reconstructions. Les inscriptions bibliques sur ses murs, comme « Dieu est Amour » (I Jean IV, 16), rappellent les valeurs fondatrices de cette foi. Aujourd’hui, il reste un lieu actif de culte et de mémoire, témoignant de l’histoire religieuse et architecturale de la Charente.
Avant sa construction au XIXe siècle, Segonzac était déjà un foyer protestant majeur en Angoumois dès 1558, avec une église réformée fondée par le pasteur François Gabarre. Après la bataille de Jarnac en 1569, la région subit des violences, notamment avec l’installation de dragons en 1711 pour réprimer les protestants. Ces événements ont marqué durablement l’histoire locale et expliquent l’attachement à ce temple, symbole de liberté religieuse retrouvée.
L’édifice, de plan rectangulaire (25 m x 12 m), est construit en pierre de taille par l’entreprise Caillaud d’Angoulême. Son intérieur, sobre et fonctionnel, comprend une nef avec des bancs en bois, une table de communion en marbre signée Titeux (1868), et une chaire surmontée d’un abat-voix. Les versets bibliques gravés, comme « Les cieux et la Terre passeront, mes paroles ne passeront point » (Matthieu XXIV, 35), soulignent son rôle spirituel et pédagogique.