Frise chronologique
1867
Inauguration du premier temple
Inauguration du premier temple
1867 (≈ 1867)
Temple protestant original à l'angle rue du Portugal.
1913
Construction du temple actuel
Construction du temple actuel
1913 (≈ 1913)
Chapelle anglicane pour curistes britanniques par Henriquet.
2 août 1914
Inauguration du temple actuel
Inauguration du temple actuel
2 août 1914 (≈ 1914)
Devenu lieu de culte protestant après 1918.
Années 1920
Installation des vitraux
Installation des vitraux
Années 1920 (≈ 1920)
Financés par l’*Intercontinental Church Society*.
1940-1944
Résistance spirituelle pendant la guerre
Résistance spirituelle pendant la guerre
1940-1944 (≈ 1942)
Marc Boegner s’oppose aux mesures antisémites.
12 février 2002
Inscription comme monument historique
Inscription comme monument historique
12 février 2002 (≈ 2002)
Protection totale du temple et de ses décors.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le temple en totalité, y compris ses décors intérieurs (cad. AZ 12) : inscription par arrêté du 12 février 2002
Personnages clés
| Samuel Henriquet - Architecte |
Concepteur du temple en style néo-gothique anglais. |
| Napoléon III - Donateur |
Finance le premier temple en 1867. |
| André Boyer - Premier pasteur |
Dirige le temple dès son inauguration en 1914. |
| Marc Boegner - Pasteur et résistant |
S’engage contre la collaboration et les persécutions. |
| Madeleine Barot - Militante de la Cimade |
Intervient au camp de Gurs avec Jeanne Merle d’Aubigné. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Vichy, situé 10 rue du Docteur-Max-Durand-Fardel, est un rare exemple d'édifice conçu dès l'origine pour le culte protestant. Construit en 1913 par l'architecte Samuel Henriquet, il servait initialement de chapelle anglicane pour les curistes britanniques fréquentant la station thermale. Son style néo-gothique anglais, marqué par un décor intérieur exubérant et des vitraux colorés, en fait un monument architectural distinctif. Le temple est inauguré le 2 août 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, et devient un lieu emblématique pour la communauté protestante locale.
Le premier temple protestant de Vichy, construit en 1867 à l'angle de la rue du Portugal et de la place de l'Hôtel-des-Postes, était financé par des contributions variées, dont un don personnel de Napoléon III et une subvention de l'État dans le cadre du régime concordataire. Ce premier édifice, aujourd’hui disparu, marquait déjà l’ancrage du protestantisme dans la ville, comme en témoigne une plaque commémorative conservée dans la nef du temple actuel.
Après la Première Guerre mondiale, des vitraux sont ajoutés grâce au financement de l’Intercontinental Church Society, une organisation missionnaire anglicane. Ces vitraux, réalisés par l’atelier lyonnais Dubost/Simon, ornent l’intérieur de motifs géométriques et floraux, baignant l’espace de lumières violettes, vertes et dorées. Leur hauteur imposante (huit mètres) et leur symbolique renforcent le caractère sacré du lieu.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le temple devient un lieu de résistance spirituelle. Le pasteur Marc Boegner, président de la Fédération protestante de France, y prend position contre la collaboration et les mesures antisémites. Il soutient activement la Cimade, permettant à des figures comme Madeleine Barot et Jeanne Merle d’Aubigné d’intervenir au camp de Gurs pour secourir des internés, majoritairement des réfugiés juifs. Boegner sera plus tard reconnu comme Juste parmi les nations.
L’architecture du temple, inspirée du néo-gothique anglais, se distingue par son portail surmonté d’un gâble à fleuron et d’un bas-relief représentant une Bible ouverte. À l’intérieur, les colonnes nervurées et les voûtes à liernes et tiercerons créent un effet touffu et organique, typique de ce style. La chaire, ornée d’un autre bas-relief biblique, est encadrée de panneaux symbolisant la Loi et la Grâce, reflétant la théologie protestante.
Inscrit comme monument historique en 2002, le temple protestant de Vichy incarne à la fois un patrimoine architectural remarquable et une mémoire vivante des engagements humanistes et religieux du XXe siècle. Son histoire, liée aux curistes étrangers et aux luttes pour la justice, en fait un lieu chargé de symboles, encore actif au sein de l’Église protestante unie de France.