Origine et histoire
Le temple protestant de Roubaix trouve ses origines dans l’essor industriel de la ville au XIXe siècle. Dès les années 1840, une communauté protestante, principalement composée d’ouvriers des filatures encadrés par des méthodistes britanniques, s’installe à Roubaix. Un premier lieu de culte est construit en 1867 à Croix grâce à Isaac Holden, industriel anglais et donateur, mais il a aujourd’hui disparu. La croissance démographique et l’afflux d’ouvriers protestants motivent la création d’une paroisse réformée indépendante de Lille en 1865, puis la construction d’un nouveau temple à Roubaix.
Le temple actuel, conçu entre 1869 et 1871 par l’architecte amiénois J.-J. Schulthess et dirigé par Auguste Dupire-Deschamps, est financé par une souscription des fidèles et des dons, dont celui d’Isaac Holden pour les charpentes en bois. Inauguré en 1871, il se distingue par son architecture néo-romane en brique, sa rosace, et son intérieur lambrissé de chêne, contrastant avec des voûtes en bois ciré. Le site inclut aussi un presbytère et une maison paroissiale, formant un ensemble cohérent. Le temple devient un lieu central pour les protestants de Roubaix et des communes voisines (Tourcoing, Wattrelos, etc.).
Au XXe siècle, le temple accueille des cultes en français et en flamand, reflétant la diversité linguistique de la région. Plusieurs pasteurs marquent son histoire, comme Elie Gounelle (1903–1907), Freddy Durrlemann (1906–1913), ou Paul Pasche (1939), ce dernier étant honoré comme Juste parmi les Nations pour son engagement dans la Résistance. En 2011, le temple est inscrit aux monuments historiques pour son architecture et son rôle patrimonial. Aujourd’hui, il abrite une communauté protestante unie, active dans la métropole lilloise.
L’orgue baroque, restauré en 2007, et les tribunes en chêne soulignent la richesse intérieure du lieu. Le temple symbolise à la fois l’héritage industriel de Roubaix, marqué par l’influence britannique, et la vitalité du protestantisme dans le Nord. Son inscription en 2011 reconnaît sa valeur historique, architecturale et sociale, tout en préservant son usage cultuel pour les fidèles de la région.