Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines dans le Haut-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine protestant Temple réformé

Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines

  • 23 Rue du Temple
  • 68160 Sainte-Marie-aux-Mines
Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines
Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines
Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines
Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines
Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines
Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines
Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines
Crédit photo : Bernard Chenal - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une association cultuelle
68160 Sainte-Marie-aux-Mines, 23 Rue du Temple

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1550
Introduction de la Réforme
1er octobre 1634
Inauguration du temple
1698
Arbitrage linguistique
1807
Construction du clocher
1907
Installation des vitraux
1994
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Temple réformé (cad. A 621) : classement par arrêté du 13 janvier 1994

Personnages clés

Élie (Maître Élie) - Premier prédicateur calviniste Ancien abbé venu du Hainaut en 1550.
Egenolphe de Ribeaupierre - Seigneur protecteur des réformés Permit l’implantation du culte protestant malgré les pressions.
François Morel de Collonges - Premier pasteur installé Dirigea la communauté jusqu’en 1556.
Jean Fattet - Juge des mines Conseiller du prince Palatin, enterré dans le temple (1707).
Christof Merian - Pasteur érudit Mort à 30 ans en 1743, tombe dans le temple.
Michel Paira - Pasteur unificateur Réunit les communautés française et allemande en 1827.

Origine et histoire du Temple réformé

Le temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines, construit en 1634, est un rare exemple d’architecture protestante du XVIIe siècle en France. Situé dans le Haut-Rhin, il fut érigé en pleine guerre de Trente Ans, grâce à des dons de fidèles et des emprunts. Sa construction rapide (juillet à septembre 1634) visait à contourner les interdits religieux, d’où l’absence initiale de clocher pour éviter d’attirer l’attention. Le bâtiment, de plan rectangulaire (22,7 x 17,3 m), fut conçu comme une salle simple, éclairée par 18 fenêtres ogivales et dotée d’une chaire centrale, symbole de la prédication réformée.

La Réforme calviniste s’implanta à Sainte-Marie-aux-Mines vers 1550 sous l’impulsion du pasteur Élie et du seigneur Egenolphe de Ribeaupierre, malgré l’opposition des autorités catholiques. Les premiers cultes eurent lieu dans des maisons privées ou des chapelles abandonnées, comme à Fertrupt ou Échéry. La croissance de la communauté, renforcée par l’arrivée de mineurs protestants, rendit nécessaire la construction d’un temple. Celui-ci fut financé par des marchands et des fidèles, et inauguré le 1er octobre 1634, devenant un lieu de culte partagé entre francophones et germanophones.

Le temple connut des tensions entre les deux communautés linguistiques, résolues en 1698 par un arbitrage imposant un partage des lieux. En 1807, un clocher octogonal de 23 mètres fut ajouté, équipé de cloches fondues à Ribeauvillé. Les réparations furent fréquentes (toiture en 1699, 1747, 1782 ; fenêtres en 1810), et des vitraux furent installés en 1907. Le monument, classé en 1994, conserve des pierres tombales du XVIIIe siècle, dont celles de Jean Fattet, juge des mines, et du pasteur Christof Merian.

L’architecture sobre du temple reflète les principes protestants : absence de décoration ostentatoire, chaire centrale, et bancs disposés en fer à cheval. Les galeries en bois, soutenues par des colonnes de grès ou de plâtre, accueillaient les fidèles et l’orgue. Les orgues, initialement installées en 1788 par Joseph Rabiny, furent remplacées en 1847 par celles du facteur Callinet. Malgré les dégâts de la Seconde Guerre mondiale (toiture endommagée en 1940), le temple reste un symbole de la résistance du protestantisme alsacien après la Révocation de l’édit de Nantes.

Le temple abrite des pierres tombales remarquables, comme celle de Maria Rosina Seyler (1703), épouse du pasteur Johann Rudolf Brenner. Ces tombes, intégrées au sol, témoignent de l’importance des familles protestantes locales, telles les Schwengsfeld, influentes dans la région. Le bâtiment, propriété d’une association cultuelle, est toujours en activité et ouvert à la visite, perpétuant un héritage religieux et architectural unique en Alsace.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours