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Propriété de la commune
67260 Sarre-Union, Rue des Églises
Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1746
Autorisation du culte réformé
Autorisation du culte réformé 1746 (≈ 1746)
Droit accordé aux huguenots de Sarre-Union.
1750-1751
Construction du temple
Construction du temple 1750-1751 (≈ 1751)
Édification par la communauté protestante.
1923
Inscription monument historique
Inscription monument historique 1923 (≈ 1923)
Protection officielle de l’édifice.
1963
Désaffectation du temple
Désaffectation du temple 1963 (≈ 1963)
Fin de son usage religieux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Temple réformé (ancien) : inscription par arrêté du 14 janvier 1923
Personnages clés
Friederich Joachim Stengel - Architecte
Influence sur les églises-salles protestantes.
Origine et histoire du Temple réformé
Le temple réformé de Sarre-Union est un édifice religieux protestant construit entre 1750 et 1751, à l’initiative des huguenots français réfugiés à Neusarrewerden (aujourd’hui Sarre-Union). Ces derniers obtinrent en 1746 l’autorisation d’exercer leur culte et de collecter des fonds pour ériger ce temple. Le projet initial prévoyait un clocher, mais son achèvement fut abandonné par manque de moyens financiers. La nef, de forme rectangulaire et sans chœur, était aménagée de manière atypique : les bancs des fidèles étaient disposés en fer à cheval autour de l’autel central, tandis que la chaire, suspendue au mur de la tour inachevée, dominait l’assemblée. Cette tour, adossée à un mur gouttereau et utilisée comme sacristie, constitue une caractéristique architecturale récurrente des églises réformées.
Le temple s’inscrit dans la lignée des églises-salles, un modèle architectural prisé par les protestants et illustré ici par l’influence de l’architecte Friederich Joachim Stengel. Bien que désaffecté depuis 1963, le bâtiment a été inscrit aux monuments historiques dès 1923 pour son intérêt patrimonial. Aujourd’hui propriété de la commune, il accueille des expositions culturelles. Son portail central orné et sa porte latérale témoignent d’un souci esthétique malgré la simplicité fonctionnelle du lieu, reflétant les valeurs de sobriété et de communauté chères aux réformés.
La localisation du temple, rue des Églises à Sarre-Union (Bas-Rhin), souligne son ancrage dans un territoire marqué par les migrations huguenotes après la révocation de l’édit de Nantes. Le choix d’une nef transversale, où la prédication prime sur la liturgie, incarne l’héritage théologique du protestantisme réformé. La tour inachevée, initialement prévue comme clocher, symbolise à la fois les contraintes financières de la communauté et son adaptation aux réalités locales. Le temple, bien que modeste, reste un témoignage rare de l’architecture religieuse protestante en Alsace au XVIIIe siècle.