Construction du premier temple Milieu du Ier siècle apr. J.-C. (≈ 150)
Édifice de plain-pied, dynastie flavienne supposée.
Fin du Ier – IIe siècle apr. J.-C.
Construction du second temple
Construction du second temple Fin du Ier – IIe siècle apr. J.-C. (≈ 295)
Périptère sur podium, réutilisation partielle.
1650
Découverte de l’inscription à Mercure
Découverte de l’inscription à Mercure 1650 (≈ 1650)
Bloc en remploi dans un presbytère.
1783
Premières fouilles archéologiques
Premières fouilles archéologiques 1783 (≈ 1783)
Dirigées par Thomas Riboud.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers sites protégés en France.
1910
Restauration controversée
Restauration controversée 1910 (≈ 1910)
Reconstruction partielle des murs.
2015
Consolidation des vestiges
Consolidation des vestiges 2015 (≈ 2015)
Après campagne de fouilles modernes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines du temple romain : classement par liste de 1840
Personnages clés
Thomas Riboud - Archéologue
Dirige les premières fouilles en 1783.
Jules Baux - Historien local
Publie un rapport détaillé en 1866.
Raymond Chevallier - Archéologue
Dirige des recherches dans les années 1960.
Émile Chanel - Conservateur du musée
Catalogue les collections en 1911.
Samuel Guichenon - Érudit local
Décrit les ruines en 1650.
Max Gschaid - Historien
Étudie le temple en 1994.
Origine et histoire
Le temple gallo-romain d'Izernore, classé monument historique dès 1840, est un ensemble religieux construit entre le milieu du Ier et la fin du IIe siècle apr. J.-C. Il se compose de deux édifices successifs érigés au même emplacement, le second réutilisant partiellement les structures du premier. Bien que les fouilles n’aient pas permis de reconstituer leur apparence exacte, les vestiges encore visibles (trois colonnes d’angle et des blocs épars) appartiennent au second temple, plus imposant. Ce monument, lié à l’agglomération antique d’Isarnodurum, témoigne d’un site cultuel plus vaste, incluant potentiellement des thermes, des puits et un théâtre hypothétique.
Les études archéologiques révèlent une occupation du site avant même la construction des temples, attestée par des monnaies gauloises, mais son ampleur reste indéterminée. Le premier temple, probablement édifié sous la dynastie flavienne (seconde moitié du Ier siècle), présente une structure de plain-pied entourée d’une colonnade, tandis que le second, périptère sur podium, mesure environ 19,20 × 22,60 m. Sa cella excentrée et ses murs doublés suggèrent une continuité cultuelle pendant les travaux. Les décors peints, dont des fragments subsistent, utilisaient du cinabre espagnol, un pigment coûteux, et représentaient des motifs géométriques, végétaux et animaux.
L’identité de la divinité vénérée reste incertaine, bien que des hypothèses évoquent Mercure (d’après une inscription votive retrouvée en 1650), Roma (liée à un doigt en bronze découvert en 1825), ou Mars (sur la base d’une toponymie locale contestée). Abandonné à la fin de l’Antiquité, le temple a subi des pillages pour la récupération de ses matériaux, mais ses trois piliers angulaires, hauts de 8 m, ont étrangement échappé à cette destruction. Les premières descriptions des ruines remontent au VIe siècle (Vie des Pères du Jura), suivies d’études par des érudits locaux aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Les fouilles systématiques débutent en 1783 sous la direction de Thomas Riboud, puis se poursuivent au XIXe siècle, financées par l’État et le département de l’Ain. En 1910, une restauration controversée reconstruit partiellement les murs, complexifiant l’interprétation des vestiges. Les recherches modernes, comme celles menées par Raymond Chevallier dans les années 1960, ont permis de préciser la chronologie et l’organisation du site. En 2013-2014, de nouvelles investigations ont complété ces données, aboutissant à une consolidation des ruines en 2015. Aujourd’hui, le temple, seul vestige gallo-romain visible dans l’Ain, est protégé et accessible au public, tandis qu’une réplique stylisée orne l’entrée sud de la commune.
Le mobilier archéologique (monnaies, fragments de statues, inscriptions) est conservé au musée d’Izernore, créé en 1908 et labellisé Musée de France en 2003. Parmi les pièces notables figurent un fragment de pétase (attribut de Mercure) et une statuette interprétée comme Sucellos, dieu gaulois. Malgré son importance, le temple d’Izernore soulève encore des questions, notamment sur son lien avec la bataille d’Alésia, hypothèse émise au XIXe siècle dans un contexte nationaliste post-1870, ou sur la fonction exacte des puits voisins, initialement considérés comme rituels avant d’être réinterprétés comme domestiques.
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