Origine et histoire du Temple Saint-Martin
Le temple Saint-Martin de Montbéliard trouve ses origines dans une église catholique mentionnée dès 1343. En 1524, sous l’influence du réformateur Guillaume Farel, la ville adopte la Réforme luthérienne, et l’église Saint-Martin passe au culte protestant en 1536. La principauté de Montbéliard, enclave protestante entourée de régions catholiques, devient alors un refuge pour les réformés.
Au début du XVIIe siècle, face à l’accroissement démographique, le prince Frédéric Ier de Montbéliard commande un nouveau temple à l’architecte Heinrich Schickhardt. La première pierre est posée en 1601, et l’édifice, de style Renaissance, est achevé en 1607. Construit en calcaire blanc et grès rose, il se distingue par sa grande salle rectangulaire, dépourvue de chœur, typique des églises réformées.
En 1677, après l’occupation française, Louis XIV impose le culte catholique, conduisant les habitants à ajouter un clocher pour transformer le temple en église. L’orgue, installé en 1755 et rénové en 1843, ainsi que des éléments mobiliers comme l’autel du XIXe siècle et des sculptures du XVIIIe siècle, sont classés monuments historiques. Le temple, restauré en 1991 et 2007, reste un symbole du patrimoine protestant français.
Le bâtiment a connu des usages variés : grenier à grain en 1615, Temple de la Raison pendant la Révolution, dépôt de vivres en 1870-71, et magasin à farine entre 1914 et 1921. Aujourd’hui, il occupe une place centrale dans la vie sociale de Montbéliard, face à l’Hôtel de ville et au théâtre, et accueille chaque année le marché de Noël.
Classé monument historique en 1963, le temple Saint-Martin est la plus grande et ancienne église luthérienne de France de style Renaissance. Son architecture, marquée par des pilastres et des frontons triangulaires, ainsi que son histoire mouvementée, en font un témoignage exceptionnel de l’héritage protestant en Bourgogne-Franche-Comté.