Frise chronologique
1598
Édit de Nantes
Édit de Nantes
1598 (≈ 1598)
Autorise les cultes protestants hors des villes.
1607
Construction du premier temple
Construction du premier temple
1607 (≈ 1607)
Premier temple protestant près de Paris.
1621
Incendie du premier temple
Incendie du premier temple
1621 (≈ 1621)
Destruction par un incendie accidentel.
1623
Construction du deuxième temple
Construction du deuxième temple
1623 (≈ 1623)
Œuvre de Salomon de Brosse et Jean Thiriot.
1631
Synode national de Charenton
Synode national de Charenton
1631 (≈ 1631)
Unité Calvinistes-Luthériens pour la Sainte-Cène.
1685
Révocation de l'édit de Nantes
Révocation de l'édit de Nantes
1685 (≈ 1685)
Destruction du deuxième temple.
1889
Construction du temple actuel
Construction du temple actuel
1889 (≈ 1889)
Emplacement distinct des précédents temples.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jacques II Androuet du Cerceau - Architecte |
Conçoit le premier temple en 1607. |
| Salomon de Brosse - Architecte |
Co-auteur du deuxième temple en 1623. |
| Jean Thiriot - Architecte |
Co-auteur du deuxième temple en 1623. |
| Henri IV - Roi de France |
Autorise le temple par dérogation. |
| Pierre Du Moulin - Pasteur |
Premier pasteur du temple (1606-1621). |
| Jean Claude - Pasteur |
Dernier pasteur avant 1685. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Charenton-le-Pont, situé 12 rue Guérin, est un édifice religieux emblématique de l’histoire protestante en région parisienne. Il est le successeur de deux temples antérieurs, construits après l’édit de Nantes (1598), qui autorisa pour la première fois un lieu de culte protestant à moins de cinq lieues de Paris. Le premier temple, bâti en 1607 par Jacques II Androuet du Cerceau, fut détruit par un incendie en 1621. Son successeur, érigé en 1623 par Salomon de Brosse et Jean Thiriot, devint un symbole de l’unité entre Calvinistes et Luthériens lors du synode national de 1631, avant d’être rasé en 1685 après la révocation de l’édit de Nantes.
Le site originel, aujourd’hui sur la commune de Saint-Maurice, abritait aussi un couvent établi en 1700 sur les ruines du temple, avant d’être vendu comme bien national pendant la Révolution. Aucun vestige de ces constructions ne subsiste. Le temple actuel, inauguré en 1889 à un emplacement distinct, se distingue par son architecture sobre : un plan rectangulaire surmonté d’un toit en ardoise, un porche à auvent de bois, et un clocher octogonal coiffé d’une flèche. Ses baies vitrées et son histoire en font un témoignage majeur du protestantisme français.
Sous l’Ancien Régime, Charenton joua un rôle clé pour les protestants parisiens, privés de lieux de culte dans la capitale. Henri IV avait dû attester que Charenton était suffisamment éloigné de Paris pour y autoriser un temple, contournant ainsi les restrictions de l’édit de Nantes. Ce temple devint un centre spirituel et intellectuel, accueillant des pasteurs influents comme Pierre Du Moulin ou Jean Claude, jusqu’à sa destruction en 1685. La paroisse actuelle, membre de l’Église protestante unie de France, perpétue cet héritage depuis le XIXe siècle.
Les fouilles archéologiques récentes, comme celles dirigées par Jean-Yves Dufour en 2019, ont permis de mieux comprendre l’emplacement et l’organisation des anciens temples et de leur cimetière huguenot. Ces travaux soulignent l’importance historique du site, marqué par des événements comme le synode de 1631, où fut décidée la communion commune entre Calvinistes et Luthériens. Le temple actuel, bien que plus récent, incarne cette mémoire protestantes dans un quartier en mutation.