Frise chronologique
Néolithique
Construction de l’allée couverte
Construction de l’allée couverte
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Sépulture collective édifiée par des communautés agricoles.
1888
Découverte par M. Brault
Découverte par M. Brault
1888 (≈ 1888)
Trouvée lors de travaux dans un jardin.
1889
Fouilles de René Verneau
Fouilles de René Verneau
1889 (≈ 1889)
Étude des inhumations et du mobilier.
1895
Consolidation avec du béton
Consolidation avec du béton
1895 (≈ 1895)
Renforcement des tables de couverture.
vers 1920
Don à l’État
Don à l’État
vers 1920 (≈ 1920)
Transmission par le propriétaire du terrain.
16 mai 1928
Classement monument historique
Classement monument historique
16 mai 1928 (≈ 1928)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Terrains avec dolmen (cad. A 811p, 812p, 814p) : classement par arrêté du 16 mai 1928
Personnages clés
| M. Brault - Découvreur du site |
Trouva l’allée en creusant son jardin. |
| René Verneau - Archéologue, Muséum national |
Dirigea les fouilles en 1889. |
| Manouvrier - Anthropologue |
Analysa les squelettes et leurs tailles. |
| Paul de Mortillet - Préhistorien |
Proposa deux théories sur l’entrée. |
| Adrien de Mortillet - Archéologue |
Hypothèse sur l’antichambre et son escalier. |
Origine et histoire
L’allée couverte des Gros Murs, située aux Mureaux (Yvelines), fut découverte en 1888 par M. Brault lors de travaux dans son jardin, au 19 rue des Murets. Ce site funéraire néolithique, fouillé en 1889 par René Verneau du Muséum national d’histoire naturelle, révéla une soixantaine d’inhumations superposées, accompagnées d’outils en silex, de parures et de céramiques. Les squelettes, partiellement trépanés, étaient mélangés à des couches de dallage, suggérant une utilisation prolongée comme sépulture collective.
L’architecture de l’allée, longue de 9,72 m et large de 1,70 à 2,10 m, utilise des orthostates en grès et des tables de couverture en pierre meulière, toutes transportées depuis un escarpement distant de 4 km. L’entrée, endommagée par une voie romaine ultérieure, aurait pu comporter un trilithe ou des dalles percées, selon les hypothèses des archéologues du XIXe siècle. Un détail remarquable est une dalle ornée d’un rognon en grès incluant un galet en forme de cœur, peut-être une représentation symbolique de la déesse mère.
Classé monument historique en 1928 après sa consolidation en 1895 et son don à l’État vers 1920, le site était initialement enterré à 0,70 m de profondeur. Son mobilier funéraire, incluant un poignard en cuivre d’origine incertaine, est aujourd’hui conservé au Musée de l’Homme. Malgré l’absence de tumulus avéré, l’allée témoigne d’une occupation néolithique intense dans une plaine alluviale, contrastant avec les traces romaines et mérovingiennes environnantes.
Les fouilles ont aussi mis au jour des outils en os (poinçons, andouiller de cerf), des vases campaniformes et des éléments de parure comme des coquillages perforés. Les analyses ostéologiques, menées par Manouvrier, ont estimé la taille moyenne des hommes à 1,638 m et celle des femmes à 1,543 m. Ces données, combinées aux traces de trépanations cicatrisées, offrent un éclairage rare sur les pratiques médicales et funéraires du Néolithique en Île-de-France.