Origine et histoire du Théâtre à l'italienne
Le théâtre à l'italienne de Douai, situé rue de la Comédie, fut édifié entre 1783 et 1785 sous la direction de l’entrepreneur Charles-Louis-Barthélémy Denis, sur commande des échevins de la ville. Inauguré le 4 décembre 1785 (ou février 1786 selon les sources), il remplace une salle de spectacles jugée vétuste. Sa structure typique « à l’italienne » comprend un parterre, des balcons en fer à cheval, des loges royales, et un paradis, reflétant la hiérarchie sociale de l’époque. Le bâtiment, devenu bien national pendant la Révolution, est racheté par la ville en 1810.
En 1810, la municipalité confie au décorateur Pierre-Luc-Charles Ciceri la réalisation de fonds de scène (palais, salon de Molière, chambre rustique, bois), complétés par des paysages variés. Le théâtre adopte rapidement les innovations techniques : éclairage au gaz, électricité, puis électronique. Pendant la Première Guerre mondiale, les occupants allemands l’utilisent pour leurs manifestations, modernisant partiellement sa machinerie. Endommagé lors des bombardements de 1940, il subit plusieurs restaurations, notamment en 1922-1923 (plafond peint par Maurice Rogerol) et en 2007 après deux ans de travaux pour la sécurité incendie.
Classé monument historique en mai 2003, le théâtre conserve des décors et une machinerie du XVIIIe siècle, rares en France. Son vestibule mène à une salle de 500 places, ornée d’un plafond célébrant la poétesse douaisienne Marceline Desbordes-Valmore. Les loges, réparties sur trois étages, accueillaient des artistes comme Paganini, Liszt ou Bonaparte. Aujourd’hui, il reste un lieu culturel majeur, accueillant des spectacles professionnels et des créations locales lors de l’événement annuel Théâtre en Fête.
La façade néo-classique, remaniée au XIXe siècle, présente cinq colonnes engagées et un attique décoré des armes de la ville. L’intérieur allie pierre calcaire et brique, avec un foyer à plafond à caissons et une fausse coupole en charpente. Les décors, restaurés à plusieurs reprises (notamment par Félix Robaut et Claude Boryczewski en 2009), témoignent de l’évolution des techniques scéniques. Le théâtre est toujours propriété de la commune de Douai, dans le département du Nord (Hauts-de-France).