Théâtre antique de Lillebonne en Seine-Maritime

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Théâtre gallo-romain

Théâtre antique de Lillebonne

  • 2-8 Rue du Toupin
  • 76170 Lillebonne
Théâtre antique de Lillebonne
Théâtre antique de Lillebonne
Théâtre antique de Lillebonne
Théâtre antique de Lillebonne
Théâtre antique de Lillebonne
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons
Propriété du département

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
400
1800
1900
2000
Ier siècle
Construction initiale
IIe siècle
Agrandissement majeur
IIIe siècle
Transformation en forteresse
1840
Classement historique
2000
Ouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Théâtre antique (ruines) : classement par liste de 1840

Personnages clés

Comte de Caylus Identifia le théâtre en 1764.
François Rever Établit un plan de l'édifice au début du XIXe siècle.
Albert Grenier Dirigea des fouilles et proposa une interprétation alternative du monument.
Maurice Yvart Dirigea des fouilles et des travaux de nettoyage dans les années 1960.
Georges Duval Dirigea des fouilles à partir de 1974.
Vincenzo Mutarelli Menat des campagnes de fouilles autour de 2007-2010.

Origine et histoire du Théâtre antique

Le théâtre antique de Lillebonne, édifice de spectacle de l'ancienne Juliobona, est implanté au sud de la ville antique, à proximité des voies principales. Construit au Ier siècle en s'appuyant sur une colline, il est rebâti et agrandi aux IIe et IIIe siècles, puis transformé en forteresse à la fin du IIIe siècle. Fouillé de façon intermittente depuis le début du XIXe siècle, il est classé au titre des monuments historiques dès 1840 ; au XXIe siècle seule la scène, située sous une route, n'a pas pu être étudiée. La cavea, orientée au sud, est partiellement adossée à la colline tandis que l'arène et le bâtiment de scène occupent l'aire plane au nord. Le dispositif permettait aux spectateurs, tournant le dos au soleil, d'assister sans être éblouis ; les gradins s'appuient sur des murs porteurs et sur les cunei.

La recherche archéologique y est ancienne et disjointe. Le théâtre a été identifié par le comte de Caylus en 1764 ; des fouilles destructrices ont commencé en 1812, et François Rever a pu établir un plan de l'édifice. Le département acheta le site en 1818 et les travaux se poursuivirent jusqu'en 1840, date du classement, après quoi le monument connut un long abandon malgré des consolidations ponctuelles. De 1908 à 1915 des campagnes menées avec de meilleures méthodes ont donné lieu à des publications. Les fouilles reprirent en 1935 sous la direction d'Albert Grenier avant d'être interrompues en 1939 ; entre 1940 et 1944 la dépouille d'un commandant allemand fut inhumée dans le théâtre. Envahi par la végétation en 1960, le site fut nettoyé puis fouillé sous la direction de Maurice Yvart (1960-1962), puis à nouveau à partir de 1974 par Georges Duval. En 2000 un diagnostic de l'état du théâtre et la révision de la documentation ont précédé l'ouverture du site au public. Une campagne menée par Vincenzo Mutarelli autour de 2007-2010 a cherché à vérifier les conclusions documentaires et à mieux intégrer le monument dans l'urbanisme moderne.

Le théâtre mesure 106,50 m dans le grand axe est-ouest ; la dimension nord-sud est évaluée à 94,70 m et l'arène à 47,30 × 35,50 m. La partie médiane de la cavea repose sur le flanc rectifié de la colline ; la partie supérieure est construite en élévation avec des caissons maçonnés remblayés, et la partie basse prolonge la pente vers l'arène par d'autres maçonneries et remblais. Le bâtiment de scène, non fouillé, semble s'étendre sous une route et une place sur une profondeur estimée de 12 à 13 m.

Les recherches actuelles distinguent quatre phases de construction entre le Ier et le IIIe siècle. Le théâtre pouvait accueillir plus de 5 000 personnes et associe une arène destinée aux chasses d'animaux ou aux combats de gladiateurs et une scène pour comédies et tragédies. Le premier état, de petite taille, est très partiellement dégagé ; un mur interne à l'arène, en petit appareil et arasé lors des agrandissements, constitue le seul vestige certain de cet état. Albert Grenier a proposé en 1956 une interprétation alternative selon laquelle le monument remanié résulterait de la suppression d'une moitié de la cavea d'un amphithéâtre, réduite à sa partie méridionale.

Les deuxième et troisième états correspondent à un édifice de type « théâtre‑amphithéâtre » : l'orchestre, plus vaste qu'à l'ordinaire, peut servir d'arène tout en conservant le bâtiment de scène. La cavea est alors reconstruite sur un système de murs concentriques et rayonnants et l'arène adopte une forme ellipsoïdale ; une galerie périphérique ultérieure permet d'ajouter des rangées de gradins. Les maçonneries de ces états sont en petit appareil de travertin, scandées par des assises de briques (opus mixtum), les briques étant également employées pour les arcs de portes et les voûtes des vomitoires.

Au quatrième état, dans le dernier quart du IIIe siècle et à l'occasion des invasions germaniques, le théâtre cesse d'être un lieu de spectacles pour servir de retranchement : la plupart des vomitoires et des accès sont murés et les structures sont récupérées. Des bains sont aménagés dans l'arène à l'aide de blocs de remploi provenant de monuments funéraires, mais il reste impossible de préciser à qui ils étaient destinés ou si le théâtre était intégré à l'enceinte de la ville ou jouait un rôle de poste avancé.

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