Frise chronologique
12-13 février 1864
Incendie dévastateur
Incendie dévastateur
12-13 février 1864 (≈ 13)
Destruction partielle, sauvetage du rideau de scène.
1775
Création du premier théâtre
Création du premier théâtre
1775 (≈ 1775)
Financement par Victor-Amédée III de Sardaigne.
1824
Inauguration du théâtre de Boigne
Inauguration du théâtre de Boigne
1824 (≈ 1824)
Construction néo-classique financée par le comte de Boigne.
20 octobre 1866
Réouverture après reconstruction
Réouverture après reconstruction
20 octobre 1866 (≈ 1866)
Nouveau théâtre sur les fondations de l’ancien.
1984-1986
Protection au titre des monuments historiques
Protection au titre des monuments historiques
1984-1986 (≈ 1985)
Inscription partielle puis classement de la salle.
2017
Restauration du rideau de scène
Restauration du rideau de scène
2017 (≈ 2017)
Campagne de sauvegarde du patrimoine mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Théâtre, à l'exception de la partie classée : inscription par arrêté du 21 décembre 1984 ; Salle avec son décor (cad. BO 28) : classement par arrêté du 18 février 1986
Personnages clés
| Victor-Amédée III de Sardaigne - Roi de Sardaigne |
Financeur du premier théâtre en 1775. |
| Comte de Boigne - Mécène et donateur |
Finance la reconstruction du théâtre en 1824. |
| Luigi Vacca - Peintre officiel du roi |
Auteur du rideau de scène *Orphée aux Enfers*. |
| Charles Dullin - Acteur et metteur en scène |
Éponyme du théâtre au XXe siècle. |
| Joseph-Samuel Revel - Architecte gouvernemental |
Supervise la reconstruction post-incendie en 1866. |
| Jules Dieterle - Décorateur de l'Opéra de Paris |
Auteur des fresques de la coupole. |
Origine et histoire
Le théâtre Charles Dullin de Chambéry trouve ses origines en 1775, lorsque le roi Victor-Amédée III de Sardaigne finance la création d’une salle de spectacle en bois, adossée aux remparts médiévaux de la ville. Ce premier théâtre, décoré par les frères Galliari, accueille des personnalités comme François-Joseph Talma en 1812 et Mademoiselle George en 1819. Malgré sa qualité médiocre, il devient un lieu culturel central, fréquenté par des figures telles que Laure Junot, duchesse d’Abrantès.
En 1820, le général-comte de Boigne rachète le théâtre et finance sa reconstruction en pierre, confiée à l’architecte Jacques-Bernard Trivelli. Inauguré en 1824 par le roi Charles-Félix de Savoie, ce nouvel édifice néo-classique, orné d’un rideau de scène peint par Luigi Vacca, symbolise le prestige de Chambéry. Le théâtre accueille des personnalités comme Louis-Philippe en 1826 et Napoléon III en 1860, tout en servant de cadre à des événements politiques, comme un banquet de 658 couverts en 1848.
Un incendie dévaste le théâtre dans la nuit du 12 au 13 février 1864, ne laissant debout que les murs extérieurs et le rideau de scène, sauvé in extremis. La reconstruction, menée par les architectes Charles-Bernard Pellegrini puis Joseph-Samuel Revel, s’achève en 1866. Le nouvel édifice conserve la structure du précédent mais intègre des améliorations techniques et décoratives, avec des contributions d’artistes comme Jules Dieterle et Auguste Delécole. La façade, marquée par deux tons de pierre distincts, témoigne de cette reconstruction.
Au XXe siècle, le théâtre est dédié à Charles Dullin, acteur et metteur en scène savoyard, et obtient le label de scène nationale avec l’Espace Malraux. Malgré des restaurations partielles, comme celle de 1958-1959 ou la consolidation de la salle des concerts en 1962, l’état du bâtiment se dégrade. En 2017, une campagne de restauration permet de sauver le rideau de scène, classé au titre des monuments historiques depuis 1959, et de redonner éclat à ses couleurs d’origine.
Le rideau de scène, peint par Luigi Vacca en 1824, représente Orphée demandant à Proserpine la libération d’Eurydice et compte parmi les quatre derniers rideaux de cette époque encore en place en Europe. Classé au patrimoine mobilier français, il illustre le lien entre le théâtre et le mythe, tout en étant un témoignage rare de l’art scénographique du XIXe siècle. La salle des concerts, fermée depuis les années 2000 en raison de sa vétusté, attend toujours une restauration complète.
Aujourd’hui, le théâtre Charles Dullin reste un symbole culturel de Chambéry, alliant patrimoine historique et vie artistique contemporaine. Son architecture, mêlant néo-classicisme et éclectisme, ainsi que ses décors préservés, en font un monument emblématique de la région Auvergne-Rhône-Alpes.